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Like Someone in Love

Film de Abbas Kiarostami Drame 1 h 49 min 10 octobre 2012

Un vieil homme et une jeune femme se rencontrent à Tokyo. Elle ne sait rien de lui, lui croit la connaître. Il lui ouvre sa maison, elle lui propose son corps. Mais rien de ce qui se tisse entre eux en l'espace de vingt-quatre heures ne tient aux circonstances de leur rencontre.

Le film s’ouvre sur trois belles séquences, brillamment mises en scène : un bar, une traversée nocturne de Tokyo, une soirée entre une jeune fille et un vieil homme. Derrière l’afféterie qui peut paraître au premier abord se cache une petite chose, certes, mais pas si anecdotique que ça. Après deux films très théoriques, son film-installation expérimental Shirin, et son film conceptuel Copie conforme, Kiarostami revient à de la narration plus « classique », construit sur une ligne narrative plus simple. Pourtant le film est dans la continuité formelle de ses films précédents : importance capitale du hors champ, place centrale de la voiture comme élément-monde, reflet du décor extérieur,… (après Holly Motors et Cosmopolis, le thème central de Cannes 2012 est bien là),… Mais aussi théorique. Le cinéaste y traite, y décline, une fois encore, la question du mensonge, de l’apparence, de l’illusion, de la copie, du reflet. Mais contrairement à Copie Conforme où l’exercice était plus intellectuel, ici le discours passe uniquement par la mise en scène, la composition des plans et le montage. En captant le reflet déformé des individus, le cinéaste approche la vérité des sentiments. Like someone in love narre la rencontre, le temps d’une soirée, entre une jeune et jolie étudiante, prostituée la nuit, et un vieil homme, ancien professeur. Le cinéaste en faisant communiquer ses personnages, mais également 2 temporalités, le film est scindé en deux parties : le velouté jazzy de la nuit et l’aridité du jour, stimule le regard, des personnages et du spectateur sur ce qu’il y a à voir, ou que l’on imagine. La nuit devient jour, l’étudiante devient pute, le vieux pervers devient un gentil grand père,etc. Mais quelle est la place des sentiments là-dedans et leur degré de vérité. L’amour est-il simulé ou véritable. Le cinéaste ébauche, feutre son cadre, mais, l’air de rien, touche à des choses assez subtiles. La beauté du film est là, dans ce l’air de rien. Et si le film semble par ailleurs un peu bancal, la partie diurne comporte des longueurs, quelques trainées de dialogues, qui rompent avec la beauté des premières scènes, cet aspect-là rejoint également le sujet du film.

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