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La Horde des salopards

Film de Tonino Valerii Western 1 h 59 min 27 décembre 1972

Pendant la guerre de Sécession, le colonel Pembroke s'engage à reprendre le fort Holman qu'il a abandonné à l'ennemi. Il forme un commando de sept hommes condamnés à mort pour désertion ou pillage et leur promet le partage d'un trésor se trouvant dans la forteresse s'ils réussissent la mission...

Quatrième western pour Tonino Valerii, avant un cinquième aux allures de cadeau piégé (Il mio nome è Nessuno, son plus gros succès et le film derrière il courra toute sa vie pour qu'on lui reconnaisse la paternité). En attendant, Una ragione per vivere e una per morire, western au casting all stars et aux moyens plus importants que la moyenne des westerns italiens mais qui, étrangement, est passé entre les mailles du temps. Inconnu (ou presque) du grand public, mal-aimé des amateurs, le film paye le prix de sa lenteur, de sa tristesse et de sa quasi absence d'action. Pourtant, est-ce mon œil de groupie ? La mélancolie du film ? Le charisme de ses comédiens ? Mais l'opus de Valerii a sur moi un énorme pouvoir de fascination. Je vois les défauts et pourtant je les sens passer au-dessus de ma tête. Comme les autres films de la veine la plus déprimée du genre, Una ragione per vivere e una per morire retient ses cheveux jusqu'au dernier moment, survole sa thématique pompée sur The Dirty Dozen de Robert Aldrich (encore un !) pour mettre en scène des hommes à bout, mystérieux car jamais francs, dont on ne sait jamais s'il faut les aimer ou les haïr. Le personnage de James Coburn en est un exemple parfait, héros parce qu’il a la tête de l'emploi mais touchant sur le tard. Il faut attendre plus d'une heure de film pour qu'un personnage de troisième plan balance sans prévenir le trauma de Coburn et ses motivations. Avant, rien, juste un homme incertain, un peu gauche, près à ramasser des haricots si on le menace. Toute la team est de cette ordre, des branquignoles qui dévoilent leur plan secret en quelques secondes, qui gueulent pour un rien puis qui trouve une rédemption quasi divine lors de la séquence finale. Cette dernière s'inspire clairement de celle de The Wild Bunch (Sam Peckinpah) offrant en même temps un Telly Savalas efféminé et comme d'hab, étrange. Un western meurtri, trainant c'est vrai mais fascinant, même lorsqu'il tangue vers l'improbabilité : la fin de la guerre est déclarée pour échapper aux soldats du Sud, Savalas allume une cigarette sur le membre viril d'une statue, de braves paysans sont des serials killers... Pas sur le podium mais pas mal du tout.

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