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L'Ange et le Mauvais Garçon

Film de James Edward Grant Western 1 h 40 min 15 février 1947

Le hors-la-loi Quirt Evans, blessé, est recueilli par une famille de quakers, les Worth. Sollicité par ses amis, traqué par le marshal McClintock, recherché par la bande de Laredo Stevens qui voudrait l'éliminer, Evans verra ses convictions ébranlées au contact de sa famille d'accueil...

Sacré Quirt ! Il va en avoir besoin. Non. Seul celui qui porte une arme en a besoin. Vous allez en faire quoi ? L'accrocher au mur de mon bureau. Avec une corde neuve.

Soit gentil, pas méchant, c'est pas gentil d'être méchant.

L'ange et le mauvais garçon est un western intimiste très agréable avec John Wayne, qui pour sa première production sous la réalisation de James Edward Grant présente un film haletant, un peu cul cul la praline sur les bords, mais efficacement romanesque et sentimentaliste. Une production bien gérée au budget conséquent, composé d'une technicité élevée, et d'une superbe photographie mettant en valeur les magnifiques décors de Sedona en Arizona. La réalisation est de bonne facture, la mise en scène est étonnamment brillante. Le scénario bien que simplet par moments dans sa thématique réussit à être pertinent. Le rythme bien qu'un peu décousu ne rend jamais le film ennuyant. Les actions sont sympathiques dans la plus pure mouvance des westerns traditionnels. On y retrouve des poursuites à chevaux, des fusillades, jusqu'à la fameuse bagarre dans le saloon. On a même droit à des scènes mémorables comme l'impressionnante chute dans le vide de la montagne, ou encore le duel final avec son étonnante et poignante conclusion.

John Wayne dans le rôle de Quirt Évans fait preuve comme d'habitude de solidité, et de charisme. Incarnant un bandit macho ne connaissant que la loi du plus fort, qui va être recueillie par une famille de Quakers contre l'avis général de la communauté. Sa morale et son comportement sont vite remis en question par Penelope la fille de la famille, qui dès le premier regard tombe éperdument amoureuse de lui. Gail Russell est magnifique, elle incarne un personnage manquant de relief dans son écriture, qu'elle sublime pas sa fascinante performance, son sourire radieux, et son regard pétillant. Un duo efficace formant un couple convaincant. Harry Carey en Marshal est très bon, il amène un regard réaliste au récit. Il est celui qui donnera le mot de la fin. Un personnage sympathique et appréciable.

Le cinéma est une fenêtre ouverte sur le monde, et dans L'ange et le mauvais garçon il insiste tout du long sur la corruption de l’homme et la nécessité d’un jugement par le non-jugement. Un film qui tire sa force de son discours théologique et idéologique, à travers des tenants et aboutissants de l’expérience humaine, par un mouvement religieux sans clergé ni rite, ni sacrements, fondé sur l’expérience directe de la lumière intérieure que chacun porte en soi. Je parle des Quackers. Une approche intéressante de cette pratique. La rédemption prend la place sur la vengeance, par l’intercession d’une médiatrice, incarné par Gail Russell, émouvante de sincérité et aussi terriblement naïve. Un renversement, intérieur et spirituel à travers l'amour, métamorphosant John Wayne, qui d'un simple regard de sa bien-aimée remettra son arme à feu, mettant ainsi un terme à sa vengeance, et à sa vie antérieure.

CONCLUSION :

L'ange et le mauvais garçon est un far west réalisé par James Edward Grant, épaulé par John Wayne qui signe sa première production. Un western en noir et blanc agréable à suivre tirant sa force de son duo vedette. Une intrigue livrant un récit édifiant et haletant avec quelques points tout de même contestables. Les amateurs du genre western made in John Wayne y trouveront leurs comptes.

Un bon moment, pour un western touchant.

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