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L'Inconnu de Las Vegas

Film de Lewis Milestone Comédie et policier 2 h 07 min 10 août 1960

Onze amis de longue date (ils ont combattu ensemble pendant la Seconde Guerre Mondiale) décident de braquer ensemble cinq des plus grands casinos de Las Vegas au cours de la même nuit. Leur plan est parfait, mais l'exécution en est mouvementée.

A première vue, ce petit polar pas sérieux et reflétant l'insouciance des 60's en Amérique, ne paie pas de mine. C'est d'abord un prétexte pour réunir le Rat Pack au grand complet (Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr, Peter Lawford, Joey Bishop), je gage que tous ces gars ont dû faire ce film en s'amusant, on sent qu'ils sont entre copains. Mais malgré cette désinvolture, le vétéran Lewis Milestone parvient à rendre ce film attrayant et plein de pep's, avec un petit apport de comédie, à défaut d'être pleinement réussi. C'est ce qui séduira sans doute Steven Soderbergh en 2001 lorsqu'il en fera le remake sous son titre original Ocean's eleven. Je serais même tenté de le préférer à cette version plus moderne, et pourtant le film originel n'est pas sans défauts : tout d'abord ce titre français est complètement ridicule, on ne sait vraiment pas qui est cet inconnu à Vegas. Mais ceci est un truc de distributeur. Surtout, c'est le scénario qui n'est pas assez rigoureux ; trop encombré de scènes bavardes qui ne servent à rien, il s'attarde, paresse et traîne trop, d'où un début très lent qui tarde à se lancer, il faut attendre au moins 50 mn tout en dialogues pompeux et peu intéressants, où on en profite évidemment pour faire chanter Dean Martin et Sammy Davis, pour arriver enfin à la première réunion des 11 types qui ont décidé d'organiser le braquage simultané de 5 casinos de Vegas parmi les plus célèbres (le Sand's, le Flamingo, le Desert Inn...). Après ce briefing où Sinatra explique son plan aux autres, tout va assez vite, et le hold-up en lui-même est assez rapide, pour laisser place à l'après-coup, où un escroc de haut vol incarné par Cesar Romero, essaie de soutirer le fric à la bande à Sinatra, jusqu'à cet incroyable twist final qui sauve la moralité de l'histoire. Les femmes sont des potiches et n'ont qu'un rôle vraiment secondaire ; tout comme Julia Roberts en 2001, Angie Dickinson joue la femme de Danny Ocean, et n'a que 2 petites scènes sans grand intérêt, de même que la sublime Shirley MacLaine apparait dans une petite scène encore plus courte, dans le rôle d'une fille saoule qui tombe dans les bras de Dean Martin. C'est dommage que ces belles actrices soient aussi sous-utilisées, mais en même temps, dans ce genre d'histoire, il n'y a pas tellement de place pour les femmes. Le casting est bien sûr exceptionnel, puisque outre ceux que j'ai déjà cités, on y trouve aussi Richard Conte, Henry Silva, Norman Fell, Buddy Lester, et Akim Tamiroff qui joue le même rôle que celui tenu par Eliott Gould dans le film de Soderbergh. On y voit même George Raft dans un petit rôle de patron de casino, probablement mafieux. C'est donc au final, un polar humoristique et nonchalant qui bien qu'imparfait, reste sympathique et plaisant, qui se regarde sans trop d'ennui, et dont il faut aussi retenir un formidable générique animé dû au génial Saul Bass.

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