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Les Fous du stade

Film de Claude Zidi Comédie 1 h 25 min 22 septembre 1972

Dans un village provençal, un commerçant fait appel à quatre jeunes campeurs pour l'aider à préparer l'inauguration d'une statue.

En 1972, « Les Fous du Stade », troisième film où Les Charlots apparaissent en vedette, réalise en salles le score hallucinant de 5,7 millions d'entrées, soit, afin d'établir un parallèle avec 2003, le même que « Matrix Reloaded ». C'est dire l'importance médiatico-culturelle de ce groupe de musiciens humoristes propulsés acteurs presque par hasard. D'abord musiciens d'Antoine sous le nom Les Problèmes dès 1966, Les Charlots naissent quelques mois après sous l'impulsion du producteur Christian Fechner, dont le frère Jean-Guy devient membre du groupe. Le succès arrive à une vitesse assez fulgurante et, fort logiquement, on leur proposa de prolonger leurs pitreries et parodies sur le grand écran. « Le cinéma est intervenu très rapidement. Un jour, il y a un producteur, Michel Ardant, qui par l'intermédiaire du masseur de ma femme, me contacte : "Je vous ai vu à la télé il y a quelques jours, vous avez fait rire mes enfants. Et puisque vous avez réussi cet exercice difficile, je pense que vous pourrez faire rire tous les enfants. Voulez-vous faire un film ?" On commence par un petit rôle dans « La Grande Java » de Philippe Clair, puis on continue avec « Les Bidasses En Folie » de Claude Zidi. Badaboum ! Même succès que pour notre première chanson. On fait des millions d'entrées. On en tournera une quinzaine en tout ! », raconte Jean Sarrus, l'un des Charlots, au journaliste rock Christian Eudeline . « Les Fous du Stade » sera le film suivant. L'intrigue en est simple. Un petit village de campagne se prépare à recevoir le porteur de la flamme olympique, peu avant l'ouverture des Jeux du même nom. Traîne dans le coin un petit groupe de campeurs plus ou moins hippie, à qui l'épicier, responsable de la décoration du village, va demander un coup de main. Gérard, leader du groupe et amoureux de la fille de l'épicier, pousse ses copains à accepter. Mais la jeune demoiselle, prénommée Délice, s'amourache d'un athlète et l'accompagne au stade pour l'encourager. Les Charlots décident alors de s'introduire dans l'enceinte sportive pour raisonner Délice et, du même coup, vont plus ou moins malencontreusement participer aux épreuves olympiques, rafler un nombre inconsidérable de médailles et devenir de véritables fiertés nationales. Bien entendu, ils n'accompliront aucune discipline de manière conventionnelle, vont multiplier les trucages et autres loufoqueries, allant même par exemple jusqu'à courir le Marathon en mobylette. Il faut bien dire qu'un tel film atteint sans problème le niveau zéro de la mise en scène ; mais son intérêt est ailleurs. Il réside avant tout dans le génie comique des Charlots qui, après avoir prouvé leurs qualités scéniques, démontrent en passant par le grand écran que leur présence corporelle, complètement dégingandée, est vraiment une présence de cinéma. Leurs corps incarnent le comique. Ils sont, peut-être sans le vouloir, les héritiers d'une école qui va de Buster Keaton à Jacques Tati, et n'ont de contemporain que le Pierre Richard de la grande époque pour leur subtiliser la première place d'un podium sur lequel populaire ne rimait pas encore avec foutage de gueule ou beaufitude. Leurs gags mêlaient un sens de l'absurde, frôlant presque parfois le surréalisme, et à une innocence générale. Tout cela ne tenait debout que par la croyance en un cinéma populaire, loin de toute mesquinerie. Il faut revoir pour cela la fantastique scène de déjeuner de camping, située durant les premières minutes des « Fous du Stade », absolument hilarante et pleine d'un non-sens qui frôle la pataphysique. Un non-sens qui semble malheureusement absent du cinéma d'humour contemporain où, à part le très grand Jim Carrey outre-atlantique, personne ne tient plus ce rôle de fou du roi, tout aussi agité qu'incontrôlable. Le cinéma comique français sombre soit dans la vulgarité (« Taxi » et consorts) soit dans la glorification de figures télévisuelles (Debbouze, Eric & Ramzy, etc.). Ces icônes cathodiques ne sont pas mauvaises a priori mais elles sont engagées par les producteurs pour singer les mêmes pitreries que celles qu'elles promulguent sur le petit écran, assurant du coup un taux de remplissages de salles garanti. On est loin de la nonchalance des Charlots qui, malgré tout, parvenaient à des taux d'entrées records. Leurs aventures cinéphiliques étaient devenues si célèbres qu'elle débouchèrent même sur une adaptation en bande dessinée. Trois volumes ont parus entre 1972 et 1974 aux Editions Fleuve Noir, « Les Fous du Stade », « Le Grand Bazar » et « Un pour tous, tous pour un », scénarisés par Claude Zidi lui-même et dessinés par Guy Mouminoux, alias Dimitri. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée, et ce sont les scénaristes de cinéma qui adaptent, avec plus ou moins de réussite, des scénarios de bande dessinée pour le grand écran.

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