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Le Train de la mort

Film de Roy William Neill Drame, film noir, policier 1 h 1 février 1946

Lorsque la Star of Rhodesia, un diamant légendaire, est volée dans un train reliant Londres à Édimbourg et que le fils de son propriétaire est assassiné, Sherlock Holmes doit découvrir lequel de ses passagers est responsable.

Si Sherlock Holmes prend bien le train, cette aventure nous mène en bateau ! Que ce soit son titre français ou son titre original, Le Train de la mort ou Terror by Night, rien ne laisse présager l'objet hétéroclite devant lequel le spectateur va se trouver. Car ce n'est ni de la terreur ni l'effroi du morbide que le film fait éprouver: on ne tremble pas de peur, on est secoué de rire. A croire que Sherlock Holmes a choisi un wagon différent de celui de train-train habituel.

Le Train de la mort n'est pas un mauvais film, encore moins un nanar, de ces films qui excellent dans le rire quand ils se proposaient d'émouvoir autrement. Non, il s'agit d'un curieux changement d'aiguillage vers une sorte d'auto-parodie.

Pour cet avant-dernier métrage de la saga Rathbone, plusieurs intrigues célèbres sont convoquées, qui tissent le récit d'un voyage ferroviaire où une passagère fortunée et son fils convoient un diamant sans pareil répondant au nom de L'Etoile de Rhodésie. Le crime se prépare, la chose est sûre, puisque Sherlock Holmes, Watson et Lestrade sont dans le train, prêt à fondre sur un éventuel voleur.

Un voleur qui parvient néanmoins à voler la pierre précieuse aux nez de ses gardiens, cela en assassinant son porteur. On enquête, interroge l'ensemble des passagers avant de découvrir un cercueil à double fond ayant servi à dissimuler un passager clandestin, une passagère payée pour le faire monter avec elle et l'implication de Sébastien Moran, le bras droit et hériter de Moriarty dans ce sinistre drame. Dès lors, on cherche à le démasquer parmi les passagers. Il s'agira du Majour Duncan-Bleek, un ancien compagnon de régiment du bon Dr Watson.

Le scénario, un brin paranoïaque, n'est pas inintéressant. Le lièvre gît plutôt dans le tissage des intrigues diverses que l'on convoque. Un cercueil à la Lady Frances Carfax, un diamant façon Escarboucle bleue, un ancien soldat impliqué dans un vol de trésor oriental (relativement oriental) et l'antagoniste de La Maison vide, tout cela mis ensemble avec le devoir de former un tout cohérent. C'était effectivement une tâche peu aisée sinon impossible.

Voilà sans doute une bonne raison pour ne pas prendre le projet au sérieux et donner dans l'humour. Basil Rathbone est fidèle à lui-même, certes, mais campe le célèbre détective consultant le sourire aux lèvres. A ses côtés, un Dr Watson éminemment comique, refoulé par tous les passagers et pris d'une fierté outrancière que vont punir de nombreux gags, parfois répétitifs, et un Lestrade qui n'a d'égal que les Dupondt, se prétendant incognito en tenue de pêcheur et régulièrement contraint de répondre à des passagers qui menacent d'appeler la police: "Mais ... c'est moi, la police ..." jusqu'à en douter. Les stratagèmes ingénieux du coupable s'avèrent peu utiles: le passager clandestin ne sert qu'à tenter de dissimuler sa propre présence et à se faire tuer, la complice est franche comme une fausse facture - son interprète ayant pris le parti du rire - et son identité, à vouloir convoquer Le Signe des Quatre, souffre d'une véritable incohérence. Le tout s'achevant sur une belle bagarre dans la veine d'Astérix, servant un ultime rebondissement inattendu mettant en exergue le pouvoir de déduction comiquement grossi dans ce volet des aventures de Sherlock Holmes sauce Rathbone.

Un Sherlock Holmes à visionner dans son esprit parodique pour l'apprécier à sa juste valeur, au risque de le trouver grotesque.

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