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Les Robinsons des mers du Sud

Film de Ken Annakin Aventure 2 h 06 min 10 décembre 1960

Après une attaque de pirates, une famille échoue sur une île tropicale à proximité de la Nouvelle-Guinée. Après avoir établi un camp, les deux fils aînés partent en exploration et se retrouvent confronté à nouveau aux pirates malais.

Une famille suisse fuyant les guerres napoléoniennes pour s’installer en Nouvelle-Guinée fait naufrage sur une île déserte, en Malaisie. Alors qu’ils ont parvenu à transformer ce petit coin de paradis en terre habitable, les deux fils aînés, Fritz et Ernst (James MacArthur et Tommy Kirk), sauvent une jeune fille (Janet Munro) d’une attaque de pirates. Mais ces derniers vont tout mettre en œuvre afin de récupérer leur prisonnière. Sans compter l’effet produit par la jeune fille sur les deux frères, entre lesquels s’installe une rivalité…

Qui n’a jamais rêvé, enfant, de se retrouver sur une île déserte, et d’y organiser sa vie avec les moyens du bord, en domptant toutes les contraintes de la jungle ? Habitués à concrétiser nos rêves d’enfants les plus fous (Walt Disney lui-même n’était-il pas un grand enfant qui refusait de grandir ?), les studios Disney s’en chargent, et voient les choses en grand. Mettant ce projet entre les mains de Ken Annakin, réalisateur habitué des studios, autant que des films d’aventures (Robin des bois et ses joyeux compagnons, La Rose et l’épée, Le Troisième homme sur la montagne pour les studios Disney, puis Le Jour le plus long ou La Bataille des Ardennes), le tournage s’effectue, contrairement à la volonté de Disney, en décors naturels, sur l’île de Tobago. C’est à ces derniers que le film doit son authenticité, nous offrant un voyage de deux heures sous les tropiques, à l’immersion particulièrement réussie, grâce à la somptueuse photographie d’Harry Waxman et à une belle mise en musique de William Alwyn. Il faut dire qu’en plus d’images splendides et colorées, l’écriture des personnages est, elle aussi, particulièrement soignée, n’oubliant pas de leur donner un contexte, ce qui ne les en rend que plus attachants. Avec eux, on rit, on frémit, on s’émerveille… et on ne voit presque pas passer les deux heures de film, malgré trois premiers quarts d’heures assez lisses, ou tout marche trop bien pour nos naufragés, sans que rien ne vienne troubler leur installation dans ce paradis terrestre, peuplé de plus de 500 animaux dont la présence – parfois incongrue – évoque plus un zoo qu’une île déserte malaisienne. Heureusement, le reste du film s’avère riche en péripéties, et, si on n’est pas trop regardant sur la cohérence des détails, on n’aura aucun mal à entrer dans cette ambiance qui donne à ce film un souffle si particulier, dans la lignée des grands films d’aventures à la Curtiz. Certes, c’est naïf, plein de bons sentiments (les féministes les plus acharnés pâliront d’horreur face à cette vision de la femme) et follement irréaliste, mais c’est aussi rythmé, drôle, et plein d'un charme inégalable. Et l’on pense irrémédiablement à ces critiques de journaux qui qualifiaient les films produits par Disney de « sanctuaires de décence et de salubrité, dans l'océan de sexe et de sadisme créé par les producteurs d'Hollywood ». Ça n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui.

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