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Les Prédateurs

Film de Tony Scott Épouvante-Horreur 1 h 37 min 29 avril 1983

Depuis des milliers d'années, Miriam se nourrit du sang des humains sans parvenir à partager son immortalité avec les compagnons dont elle s'entoure.

J'ai toujours pensé qu'il était essentiel de voir au moins deux fois chaque film, histoire de rafraîchir nos souvenirs, de confronter l'oeuvre en question à une sensibilité en mutation constante. L'occasion de cruelles déceptions comme de belles réhabilitations, dont c'est le cas pour moi aujourd'hui avec "Les prédateurs", premier film du p'tit frère de Ridley que je n'avais pas trop apprécié au moment où je l'ai découvert, pour les mêmes raisons qui font qu'il me fascine désormais.

Oui, l'esthétique de "The hungers" est chargée, extrêmement chargée. Et dieu sait qu'à vouloir à tout prix donner une identité visuelle propre à son film on le condamne à vieillir prématurément. Mais en esthète et expérimentateur de génie qu'il est, Tony Scott ne se contente pas d'immortaliser sur pellicule les modes de l'époque, mais bien entendu de les transcender, de pousser l'expérimentation visuelle dans ses derniers retranchements. En transformant son film en pure oeuvre d'art, en objet purement subjectif, Scott lui épargne ainsi toute obsolescence prématurée, lui offrant au contraire l'immortalité.

Une approche graphique en adéquation totale avec son sujet, portrait d'une décennie toute entière vouée au culte de l'apparence et de la notoriété, où les rides et la transparence sont synonymes d'une mort certaine. Tony Scott se réapproprie ainsi le film de vampire, se servant d'un genre codifié pour signer un film profondément mélancolique, montrant l'immortalité non pas comme un cadeau mais bien comme une malédiction, tout en pointant du doigt une certaine élite accro à la nouveauté et à l'amour, suçant les plus faibles jusqu'à ne laisser d'eux qu'une enveloppe vide.

Aussi fascinant que rebutant, jouant avec brio avec l'image iconique du couple Deneuve / Bowie, "Les prédateurs" est une oeuvre culte qui influencera considérablement le reste des 80's, pour le meilleur et surtout le pire, les studios singeant sans jamais comprendre le film d'un Tony Scott qui ira se perdre par la suite chez Bruckheimer tout en continuant heureusement ses expérimentations tout au long d'une carrière injustement conspuée jusqu'à la fin.

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