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Le retour des morts-vivants 3

Film de Brian Yuzna Épouvante-Horreur 1 h 37 min 29 octobre 1993

Quand Julie meurt dans un accident, Curt utilise le projet de son père pour la ramener à la vie. Elle développe alors des pulsions sanguinaires...

La première fois que j'ai vu le film, c'était il y a 5 ans, sur un DVD issu d'un coffret merdique incluant des films de Jesus Franco, ne comportant que la VF et, il me semble, le montage censuré. Pas la meilleure façon de découvrir Le retour des morts-vivants 3, petit film culte, mais qui m'avait laissé partagé. Mindy Clarke et les zombies étaient plaisants, mais je me souviens qu'un gros truc qui m'avait dérangé, c'étaient les scènes d'auto-mutilation. C'était peut-être aussi le premier film de Brian Yuzna que je voyais, et je comprenais pas trop ma déception, vu la réputation de ROTLD 3 et de son réalisateur. J'ai vu 8 de ses films maintenant (quoi, autant ? ça m'étonne moi-même), et je peux honnêtement dire que c'est un réalisateur de films d'horreur vraiment surestimé, qui fait des films mauvais voire vraiment nuls. Je sais pas pourquoi, j'avais quand même gardé quelques bons souvenirs de ROTLD 3. Ou alors n'était-ce qu'une illusion. Ou Mindy Clarke en zombie sexy et destroy m'a suffisamment marqué pour me donner l'impression au fil du temps que ce film n'était pas totalement mauvais. Quoi qu'il en soit, j'ai récemment eu l'envie soudaine de m'acheter le DVD, le bon cette fois, avec VO et version non censurée. Ce DVD dont la cover m'avait fait de l'oeil il y a bien longtemps déjà, quand, étant beaucoup plus jeune, je l'avais croisé dans les rayons d'un magasin et avais hésité à l'acheter.

Je suis dans le film depuis même pas 2mn que je vois déjà une perche. Mauvais signe. Ca pourrait venir du fait que le format d'image du DVD soit plus grand que le format cinéma, mais ROTLD 3 souffre de toute façon de pas mal de défauts. Ca sent bien le cheap, de par ces décors dépouillés, et ce look de téléfilm avec sa photographie et ses éclairages datés. Ensuite, il faut se l'avouer, ce film est con. Le scénariste, John Penney, n'est clairement pas doué, ce film-ci est d'ailleurs son plus connu, et on comprend en le voyant que ce monsieur n'ait pas eu une carrière florissante. Il part de bonnes intentions en voulant nous apprendre à quoi devait servir la Trioxin à l'origine, mais le fait qu'un militaire dise que c'était destiné à détruire des champs de marijuana est tout à fait risible. Evidemment, ils ont pas testé le produit avant, et ça a transformé des gens en zombies. Maintenant que l'on sait ça, au lieu de vouloir ne plus faire de conneries, un général a l'idée de se servir du produit sur des cadavres pour en faire des armes biologiques qu'ils vont lancer sur l'ennemi. Ne se rendent-ils pas compte de l'idiotie de ce qu'ils disent, envoyer des zombies s'attaquer à l'adversaire qui, du coup, deviendra zombie lui-même ? Les personnages sont simplement débiles, il y en a même un qui n'a rien de mieux à faire que de mettre ses doigts dans la bouche d'un zombie. Enfin, on est dans un film de Brian Yuzna, c'est absurde, et vise essentiellement à arriver à des moments gores. Les problèmes de cohérence et de logique sont innombrables : on a deux jeunes qui chuchotent bruyamment dans un hangar avec de l'écho, mais qui n'attirent l'attention d'un garde qu'en faisant tomber un pin's ; une femme qui fait l'amour en culotte ; un méchant qui préfère arriver au level 7 d'un jeu sur borne d'arcade que de céder aux avances d'une bimbo qui ne veut que lui ; un type avec une balle dans le ventre qui se met à courir alors qu'il était cloué à terre l'instant d'avant ; une femme emportée par un cours d'eau où les autres personnages ont pieds ; des personnages qui arrivent à retrouver où sont ceux qu'ils cherchent comme par magie ; ... Après j'ai arrêté de lister, car il y a vraiment trop d'absurdités du même genre. Il faut en plus de ça qu'en moitié de film un acteur vienne s'en mêler, celui qui joue le clodo black, en surjouant comme un cinglé.

Au moins, les FX et les maquillages font de l'effet. Le look de certains zombies, et les bruitages du premier qui sort d'un fût, m'ont fait marrer. En bien. Il y a des trucs vraiment mal foutus, mais au moins les trucages font preuve d'une ingéniosité que j'apprécie. De bons effets spéciaux ne seraient par contre pas aussi efficaces sans de bonnes idées pleines d'audace. Quand un type se fait mordre les doigts, au lieu d'une coupure nette, Yuzna fait qu'il reste un squelette mais sans la chair au bout de la main du personnage. Quand un des zombies à la fin se fait sauter la jambe au fusil, situation plutôt classique, la différence ici vient du fait qu'un exosquelette garde les morceaux du corps attachés. Il y a d'autres petits détails ou idées gores admirables, comme la lèvre arrachée. Yuzna nous fournit quand même beaucoup d'images foutrement trashs et brutales, avec leur lot d'originalité. Et contrairement à la plupart de ses films, on n'a pas à attendre la toute fin pour y avoir droit.

Malgré un scénario de toute évidence bâclé, il y a quelques idées qui font que le film se démarque. Quelques thèmes sérieux qui sont abordés relèvent quelque peu le niveau, en même temps qu'ils approfondissent un peu les personnages. On peut voir en personnage principal un ado déstabilisé par les déménagements trop nombreux à cause du travail de son père, et un père qui ne sait pas comment se comporter avec son fils alors même qu'au final on se rend compte qu'il l'aime. Il y a aussi cette idée sympa du clochard qui passe symboliquement une pièce à quelqu'un en lui disant d'aider quelqu'un à son tour ; ainsi il s'assure qu'au moins une personne fait le bien dans le monde. Dans un autre film ç'aurait été limite cucul. Et évidemment, il y a l'histoire d'amour au sein du film, entre Curt et Julie. L'idée d'utiliser la Trioxin sur un être cher pour le ramener à la vie n'est pas trop mal non plus. Enfin il n'y a pas à douter que le gros point fort de ROTLD 3 c'est justement ce qui est permis par cette idée : l'existence de la zombie la plus sexy ever (quoiqu'il n'y avait pas trop de concurrence jusque là), Julie Walker. C'est inévitable, chaque personne que j'ai vu parler du film évoque à un moment ou un autre une même chose : le rôle de Mindy Clarke. J'avais même lu quelqu'un qui disait, en blaguant, que ça donnait envie de devenir nécrophile, ou quelque chose comme ça. Ce n'est pas moi qui lui jèterais la pierre. Déjà de son vivant, le personnage de Mindy a de quoi séduire l'amateur de film d'horreur : jeune femme au look gothique, à la chevelure rouge flamboyante telle Red Sonja, et aux tendances autodestructrices (elle se brûle au briquet). Elle veut de son boyfriend qu'il l'emmène dans un centre militaire où elle s'imagine qu'ils font des choses ignobles, et même quand elle fait l'amour elle a des pensées macabres. Cette fille est déjà une charge sexuelle, fascinée par la mort. Une fois décédée, elle devient l'incarnation parfaite du mélange "sex & death". Ses transformations physiques sont douloureuses, aussi bien pour elle à vivre que pour moi à voir (5 ans après, ça me dégoûte toujours, mais en bien cette fois), mais elles l'amènent à devenir visuellement très puissante. Son look de zombie goth et trashy est tout à fait sublime. Même après, dans les dernières séquences, où elle n'est vêtue que d'harnais, elle reste très désirable. Je regrette toujours de voir que Mindy Clarke n'ait pas eu d'autres rôles fameux, celui-ci étant vraiment le rôle de sa vie, alors que je voudrais la voir plus souvent dans des films.

Return of the living dead 3 est un film idiot et bourré de défauts, mais pour lequel je ne peux m'empêcher d'avoir de l'affection. Je crois que c'est Le film qu'on ne peut qu'aimer avec un plaisir coupable quand on est amateur de cinéma d'horreur.

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