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Anna et le Roi de Siam

Film de John Cromwell Comédie dramatique 2 h 08 min 20 juin 1946

Anna et sa famille partent pour le royaume de Siam (l'actuelle Thaïlande) dans le but d'enseigner la culture occidentale au monarque de cette petite nation. Les méthodes d'Anna ne sont pas toujours du goût du Roi.

Dans les années 1860, Anna Leonowens, anglaise bon teint, sera préceptrice à la cour de พระบาทสมเด็จพระจอมเกล้าเจ้าอยู่หัว, roi de Siam, elle en tirera deux volumes de mémoires gentiment romancés qui firent les délices des adaptateurs hollywoodiens, puisque pas moins de cinq films s’en inspireront (sans parler d’une série TV) dont deux comédies musicales et un dessin animé. Vous connaissez probablement la version la plus célèbre avec Yul Brynner et Deborah Kerr ou encore une des plus récentes avec Jodie Foster et Chow Yun-fat, mais cela ne compte guère, intéressons-nous plutôt à la toute première adaptation, par ce tâcheron de John Cromwell.

Irene Dunne joue ici la veuve professeur d’anglais qui arrive avec son fils de l’autre bout du monde pour enseigner sa langue à la nombreuse progéniture du potentat local et qui se retrouve à devoir affronter un Lee J. Cobb à demi nu, une Linda Darnell bridée et un Rex Harrison têtu qui s’obstine à lui refuser la maison promise lors de son engagement…

Alors il a ce petit quelque chose d’édifiant qui enrobe trop souvent les films sur le choc des cultures, heureusement, les leçons de féminisme par le fruit de l’Angleterre victorienne, c’est toujours drôle en soi, ça vaut le voyage… On a d’ailleurs depuis longtemps remis en cause la véracité historique de la description de Leonowens, mais l’intérêt est de toute façon ailleurs, loin derrière les grosses ficelles qui lui donnent le beau rôle un peu gratuitement, où même l’exotisme de façade qu’on a connu bien meilleur ailleurs.

Non, ce qui sauve le film en fait, c’est ce que vous allez tous détester si vous tombez un jour là-dessus et qui fait pourtant mes délices. Ce qu’il y a de merveilleux, c’est de voir tous les acteurs occidentaux cités plus haut jouer des thaïlandais.

Lee J. Cobb en poussah bedonnant luisant de cirage, franchement, ça m’a valu pas mal d’éclats de rire, et encore, ce n’est rien en comparaison du délicieux Rex, laqué de pied en cape et qui s’amuse comme un petit fou avec son accent à découper à la baguette, ses postures improbables et sa misogynie joyeuse le tout avec un teint qui fait terriblement regretter l’absence de technicolor flamboyant. Linda, a côté, franchement, c’est de la gnognotte, en plus on a déjà l’habitude de la voir jouer les types de poule les plus exotiques, une Espagnole, une Mexicaine, une Indienne (c’est la petite fille d’un Cherokee en même temps, faut que ça serve…), alors pourquoi pas une asiatique tant qu’on y est… en plus elle est comme un poisson dans l’eau dans le harem local, et elle se fait arracher ce qui lui sert de soutien-gorge avec beaucoup d’élégance.

Si on y regarde de trop près, l’histoire déborde de moments maladroits, surtout avec les gosses, et je ne vois vraiment pas qui pourrait avoir envie de voir une chose pareille, mais bon, Rex en satrape Thaï, rien que ça, ferait pardonner bien des choses…

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