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La Tanière de la bête

Film de Shun'ya Itô Drame et thriller 1 h 27 min 29 juillet 1973

Suite à son évasion, Nami, surnommée Sasori, est activement recherchée par la police. Elle leur échappe dans le métro, après avoir coupé le bras d'un inspecteur, et trouve refuge dans un quartier sordide, chez une prostituée.

Loin de la claque reçue lors du visionnage de Elle s'appelait Scorpion, ce troisième volet n'est pas en reste question qualités. Malgré sa violence omniprésente et des scènes tout bonnement atroces (opération sans anesthésie, check ! Viol avec objet à connotation sportive, re check!), l'ultime trace que laisse le film en mémoire c'est la silhouette et le regard de Koji, et cette infinie tendresse pour cette héroïne hors norme.

Ici encore, Ito n'a pas choisi de faire dans la dentelle et son message est toujours aussi percutant, voire peut-être trop. Il donne l'impression de vouloir, en trois films, défendre la totalité des femmes bafouées, trahies, torturées, violées de la planète ! Les hommes en prennent encore une fois pour leur matricule mais les femmes sont également extrêmement malmenées. A travers toutes cette surenchère, le réalisateur parvient pourtant toujours à captiver l'attention et à jalonner son film de moments superbes (un cadrage, un éclairage ou un montage ont suffi à mon bonheur).

On pourrait reprocher au film de s'éparpiller entre plusieurs sous histoires (la voisine, le frère attardé etc) mais dans le fond, je pense que c'est ce que Ito souhaitait, afin de décrire sa vision de la société, et surtout de la place de la femme à son époque. Entre adultère, prostitution ou encore avortement, il fait de son film un pamphlet total sur ce sujet qu'il semble affreusement adorer. Et pour ma part, je reste fan de ce cinéma sans concession qui parvient à faire passer des scènes du dureté atroce comme des faits d'une grande banalité, sans chercher à appuyer ce qu'il y a déjà de gênant. Ainsi, il nous laisse le temps d'être témoin de tout ce qui se passe et de digérer après coup le fait que nous avons réussi à soutenir ces scènes sans sourciller. Cela devient presque plus embarrassant que les scènes elles-mêmes !

En bref, j'attends de voir le quatrième opus mais après, sans Koji, j'ai bien peur que le mystère enveloppant cette héroïne incroyable perde à jamais son intérêt.

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