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Aladin et la Lampe merveilleuse

Long-métrage d'animation de Jean Image Animation, aventure et fantastique 1 h 25 min 28 janvier 1970

Dans son laboratoire caché dans le Sphinx, le magicien d’Afrique complote pour trouver la lampe qui garantit un pouvoir absolu à quiconque la possède.

Jean Image est l’un des grands oubliés du cinéma d’animation français, dont il est l’un des pères. Il participera notamment à la création du festival du film d’animation d’Annecy. Le style de Jean Image est reconnaissable au premier coup d’oeil, pour peu que l'on est vu quelqu'une de ces oeuvres. Un style simpliste et enfantin qui aujourd’hui peut faire naître une certaine nostalgie chez les plus aigris.

Lorsque Image réalise Aladin et la Lampe merveilleuse, ce dernier n’est plus un novice et l'on peut légitimement attendre une certaine maîtrise dans l’animation ou encore dans un souci du détail sur l’ensemble du métrage. Malheureusement, cette adaptation du conte des Milles et une Nuits n’est pas dénuée de défauts techniques et de choix douteux dans la réalisation. L’un des gros problèmes récurrent chez Jean Image est l’animation et le manque d’image par seconde dans ces oeuvres. Pour les séries animées ou encore les courts-métrages cela peut être excusé, mais il est plus difficile de faire preuve d’indulgence pour les longs-métrages, d’autant plus qu’il n’est pas à son premier coup d’essai. Pour résumer, disons que l'on a l’impression d’assister à un spectacle de marionnettes, les visages sont peu expressifs et les mouvements saccadés.

Cependant, le style Image peut faire oublier cette faiblesse technique, par une plastique et un coup de crayon digne d’un enchanteur. Même si la magie n’a pas fonctionné sur l’ensemble des personnages (l’esprit du maître des ténèbres vraiment de mauvais goût qui d’autant plus ce paie un doublage ridicule), elle reste remarquable sur les personnages secondaires. Le plus réussit est sans aucun doute le magicien d’Afrique (le grand méchant de l’histoire, un bon méchant rime souvent avec bon film). Soyons francs ce personnage est la clé de voûte du film, il est le mieux animé, il a le droit au meilleur doublage, aux meilleures scènes et au meilleur compagnon qui soit un hibou non dénué de discernement et d’humour.

Mais le plus remarquable dans l’esthétique d’Aladin et la Lampe Merveilleuse reste les décors qui font véritablement voyager dans l’orient des Mille et une Nuits. La véritable valeur ajoutée du métrage est bel et bien ce souci porté sur l’univers, il est difficile de ne pas être subjugué par la magie qui s’en dégage. Les plus exigeants constateront un manque de profondeur et des erreurs de perspective dans quelques cas, mais dans l’ensemble la direction artistique tient la route.

Cette aventure d’Aladin étant adressée aux plus jeunes, il est difficile de remettre en cause certaines situations, dialogues et chansons quelque peu «légers». Nonobstant cet aspect enfantin, on retrouve par moments la recette humoristique des premiers longs-métrages Astérix (Surtout Astérix et Cléopâtre), plus particulièrement dans l’absurde de certaines scènes. Mais aussi par des chansons tout aussi absurdes, sans pour autant être dénuées d'un certain charme.

Jean Image n’offre pas un grand film d’animation avec cette adaptation, mais un film notable sauvé par son savoir-faire et la curiosité qu’est le magicien d’Afrique. Notons qu’il est toujours intéressant de comparer les différentes adaptations de la lampe merveilleuse.

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