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Les 101 Dalmatiens

Film de Stephen Herek Comédie 1 h 43 min 27 novembre 1996

Cruella une femme riche sans scrupule, kidnappe des petits dalmatiens pour leur fourrure. Mais les animaux du voisinage vont tout faire pour les sauver.

En dépit de scores mitigés pour leur coproduction du Livre de la Jungle par Stephen Sommers, les Studios Disney remettent le couvert deux ans plus tard en adaptant cette fois-ci très fidèlement un de leurs dessins animés phares, Les 101 Dalmatiens, s'assurant que la transposition Live se voudra la plus proche possible de la version dont se remémorent les vieux fans.

Peu aguicheur sur le papier, qui plus est lors d'une période où d'autres refontes des productions cultes de la firme sont déjà programmées (Le Nouvel Espion aux Pattes de Velours, Flubber, À Nous Quatre), Les 101 Dalmatiens reprend quasiment à la virgule près la trame du film d'animation mais apporte des modifications, anecdotiques d'apparence mais influentes dans le fond, qui donnent à l'oeuvre une saveur toute autre.

Les intentions du remake sont claires, faire revivre la même histoire à une nouvelle génération en actualisant le propos et le décor. Fini le côté pimpant du Londres stylisé des sixties, place aux années 1990 pour une comédie familiale visant à la fois le slapstick et la tendresse. Plusieurs des nouvelles scènes de ménage sont si simples et douces qu'elles auraient pu appartenir à l'original (la remise des colliers, l'attente simultanée devant le vétérinaire et le médecin) et les ajouts sont pertinents par rapport aux relations installées dans le film.

Cruella passe d'une riche héritière obsédée par les fourrures à une reine de la mode au sommet de son empire vestimentaire, le choix est malin à la fois pour accentuer sa facette outrageusement maniaque mais aussi pour mettre en avant son mépris profond pour le genre humain, l'espèce animale ayant au moins le mérite d'être portée. Roger abandonne son piano et ses instruments de musiques pour être designer de jeux vidéos, un métier bien plus rabaissé qui ne le met pas à son aise lors des discussions et qui rend son interposition face à la détraquée encore plus admirable tandis qu'Anita n'est désormais plus liée à Cruella que par une amitié d'enfance mais bien par un lien employeur/employé, faisant que son refus de laisser les chiots à sa patronne est doublé d'un second enjeu professionnel qui intensifie la confrontation.

La décision de laisser les animaux muets est non seulement sensée mais surtout très appréciable car elle oblige ainsi le spectateur à regarder ces chiens différemment de leurs incarnations animées, ils agissent et jouent tels des animaux de tous les jours outre les réactions excessives au service de l'humour, la vraie magie est de voir que tous ces dalmatiens peuvent prendre vie devant une caméra être au nombre de 101 (excepté quelques animatronics et images de synthèses pour les scènes les plus compliquées à tourner comme la descente en toboggan improvisée dans le Manoir D'Enfer), leurs présences à elles-seules suffisent à nous ravir et les quelques échanges animaliers sont compréhensible pour tous les âges grâce à un excellent dressage et une réalisation honorable de Stephen Herek.

Mais le parachèvement est l'interprétation tout en laisser-aller de Glenn Close qui enfile les costumes volumineux de Cruella d'Enfer, ses pétages de câble sont un vrai régal et l'actrice s'en donne à coeur joie de camper l'une des méchantes les plus convulsives de Disney, n'ayant pas peur d'en faire des caisses et se démarquant considérablement du reste de la distribution (ce qui colle à merveille avec cette idée d'un personnage tellement fou et incontrôlable qu'il semble ne pas avoir sa place dans ce monde). La dernière demi-heure se centrera un peu trop sur son humiliation punitive, tout comme Hugh Laurie et Mark Williams en Jasper et Horace qui enchaînent les gamelles rappelant les gaffes de Joe Pesci et Daniel Stern dans Maman, J'ai Raté L'Avion, qui supprime sa silhouette menaçante jusque là réussie (son automobile amplifiait son allure de prédatrice) mais rattrapée par de bonnes trouvailles (comme dans le dessin animé, son image publique est ouvertement ternie par l'objet de la réussite de Roger, un tube musical en 1961, un jeu vidéo en 1996).

Bien qu'il n'était ni nécessaire ni demandé, le remake des 101 Dalmatiens est une très sympathique comédie pour enfants qui parvient à ne pas ruiner le film de Wolfgang Reitherman, Clyde Geronimi et de Hamilton Luske. Ses changements sont réfléchis et intéressants, les reprises sont bien réécrites, les toutous sont attendrissants et Glenn Close crève l'écran.

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