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Calme blanc

Film de Phillip Noyce Épouvante-Horreur et thriller 1 h 37 min 7 avril 1989

Pour oublier la mort tragique de leur fils dans un terrible accident, un couple décide de partir en mer. Sur l'océan, ils vont à la rescousse d'un homme qui est en train de couler. Mais ce que John et sa femme Rae ne savent pas encore, c'est que leur nouveau passager est un dangereux psychopathe...

Philipp Noyce est le réalisateur de nombreux thrillers et films d'action : il a connu son heure de gloire dans les années 1990 avec Sliver ou encore en mettant en scène Harrison Ford dans Patriot Games et Danger immédiat. Sa carrière décolle avec l'australien Dead Calm en 1989, où il dirige un trio magnétique dans un huis-clos en haute mer : Sam Neill, Nicole Kidman (l'autre révélation au rendez-vous) et Billy Zane. Les premiers forment un couple dont le tort est d'accueillir sur son voilier le seul rescapé d'un naufrage, alors qu'ils sont loin sur l'océan. Cette première démonstration se situe à la croisée entre Hitcher et Plein soleil.

Dead Calm bénéficie d'une gestion brillante, où tout est au service du suspense. Le spectateur ressent l'urgence et la curiosité, sans aucune latence pénible : pas de scènes bouches-trous ou de miroirs aux alouettes. Le spectacle est épuré, lumineux (à tous degrés), d'une grande finesse, l'écriture est précise, la mise en scène est viscérale tout en jouant sur la suggestion et quelques métaphores légères. Les portraits sont assez passionnants : nous avons à faire à deux parents orphelins, stoïques et à un être malveillant ; une tornade avide mais sans gouvernail, face à des morts-vivants amoureux et détachés (Neill en McGyver de la Marine -en restant crédible-, Kidman solide mais déchirée).

Lui (Billy Zane, le prédateur allumé) vient seulement de mourir en somme ; c'était un jeune aventurier, vraisemblablement fier et motivé, puis il a profondément été abîmé. La démolition de son ego le pousse à la désinhibition et lui offre une capacité de nuisance (et de jouissance) remarquables ; il en devient séduisant, il a l'illusion de la puissance et la répand. Il n'a pas les ressources ni les appuis pour s'en sortir autrement que par la fuite en avant, mais il est trop immature pour maîtriser les éléments : il a un pouvoir de mort primaire pour combattre un tandem de dissociés en voie d'acceptation. Ses masques se défont, sa vacuité sincère et implacable se révèle. Il y a toujours un doute entre la victime réchappée ou le psychopathe : il tient des deux.

Le film joue sur les tensions entre personnages, flirte avec l'érotisme, entretient le mystère tout le long sans le moindre recours gratuit. Son amalgame de concision et d'intensité, en tout, en fait un thriller remarquable, presque un modèle d'intelligence en la matière. Sans doute pourrait-il se trouver, quelquefois, plus de contenus à-cotés ; s'engager sur la pente des révélations massues. C'est ce qui lui vaut probablement sa réputation si mitigée (mais nettement supérieure à celle de crus comme Sliver ou Le Saint). Au lieu d'évoluer vers les rebondissements fracassants, Dead Calm se contente de l'excellence dans son domaine, délivrant explicitement la marchandise, avec goût et énergie. Seule la sortie, soignée en elle-même, se montre superflue.

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