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Convoi de femmes

Film de William A. Wellman Western et drame 1 h 58 min 31 décembre 1951

En 1850, dans l'Ouest américain, le grand propriétaire terrien Roy Whitman recherche des femmes pour travailler dans son exploitation agricole, essentiellement composée d'hommes. Les 150 candidates retenues entament alors la traversée périlleuse des États-Unis.

Il y a des films, de temps en temps, qui vous sortent par grosses claques de votre torpeur et qui vous rappellent pourquoi vous aimez le cinéma. Plusieurs fois déjà, j’ai remercié le grand William Wellman de m’avoir mis les joues rouges.

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est qu’on me surprenne. Des films, j’en vois – comme beaucoup ici – tous les jours, et ce n’est pas souvent qu’on déjoue mes anticipations, qu’on s’éloigne, même un peu, des codes. Avec Westward the Women, j’étais convaincu de mes préjugés. Voilà un bon petit western classique, un brin macho et plutôt comique, avec son faux bad guy, son sidekick japonais et une sympathique ribambelle de jeunes femmes hautes en couleur.

Et il n’y a pas erreur sur la marchandise : on nous propose quelques personnages attachants, des histoires d’amour, d’amitié et de solidarité, la destinée manifeste, le mythe de l’ouest et tout le toutim. Seulement voilà : sans prévenir, Wellman retourne son film de gauche à droite et de droite à gauche avec l’allégresse d’un crêpier. Sur un plan, on rit naïvement – presque mielleusement – d’un personnage attachant, et sur le plan suivant, sans coup férir, le voilà mort.

Buck Wyatt (Robert Taylor) est un good bad guy des plus extrêmes : poor lonesome cowboy bien macho et à la gâchette facile (jusqu’ici tout est normal), il sait se faire empereur et pacifie ses ouailles à coup de grandes tartes dans la gueule. Féministes et antifascistes viscéraux, passez votre chemin devant ce führer qu’on suivrait les yeux fermés jusqu’à la Bérézina.

Westward the women, c’est un film pour nostalgiques, pour tous ceux qui n’ont jamais vraiment eu leur compte avec l’Hollywood post seventies et qui ne voient l’excellence que dans les temps où la production filmique, encore vierge de tout prétest marketing, savait emprunter quelques sentiers battus et malmener ses pauvres spectateurs. Un plan panoramique signé Wellman d’un grand convoi traversant le désert, par son élégance et sa sobriété, vaut bien toutes les pirouettes esthétiques de notre début de siècle.

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