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The King of New York

Film de Abel Ferrara Policier 1 h 43 min 18 juillet 1990

L'histoire d'un gangster au grand coeur mais aux méthodes définitives, surnommé par la presse The King of New York et qui rêve de fonder un hôpital.

"The King of New York" est un bon film d'Abel Ferrara, mais quand vient le générique de fin, je ne peux m'empêcher de penser qu'il passe à côté du très bon film qu'il aurait pu être. Comme à chaque fois que j'aime une de ses réalisations en fait. Y'a toujours quelque-chose qui cloche. Dans "Bad lieutenant", il en fait trop, surligne trop tout. Dans "The Addiction", que pourtant j'apprécie énormément, je ne peux m'empêcher de trouver qu'il se touche méchamment la nouille, intellectuellement parlant, si vous me passez l'expression.

"The King of New York" jouit de nombreux points positifs, à commencer par son interprète principal que j'adore littéralement, Christopher Walken. Ci-gît donc là mon objectivité, avec une gueule pareille, il peut jouer n'importe quoi que je dirais "amen" en effectuant une génuflexion admirative et ici encore, hormis quand il danse sur du hip-hop, il est parfait. Puis faut dire ce qui est : les explosions de violence subites d'un mec qui a de prime abord l'air aussi froid qu'un mister freeze, ça fonctionne toujours. David Caruso et Victor Argo sont très bien aussi en flics aux méthodes opposées.

Pour contre-balancer, Laurence Fishburne est juste insupportable, définition du cabotinage, tête à baffe hors catégorie, imitation parfaite du kéké de nos campagnes qui essaie de singer la façon de marcher et de bouger des "caille-ra" qu'il a vu dans des clips de rap ricain. Wesley Snipes... euh ben... comme d'hab, pas de quoi affûter sa jambe de bois pour se lancer dans une gigue endiablée, et quid de Steve Buscemi que l'on voit trop, mais alors bien trop peu ?

L'autre truc qui me reste en travers de la glotte, c'est cette histoire d'hôpital pour enfant que notre Cricri de la mort veut à tout prix construire. Alors je sais que le thème de la rédemption est cher à Ferrara, et j'aime bien l'idée mais elle ne pouvait pas se traduire autrement ? Parce que franchement c'est juste ridicule. La soirée type de notre gus se résume donc à acheter des gros paquets de dopes, en zigouillant au passage un bon paquet de gens, de méchants si vous voulez mais tuer c'est pas bien, c'est ma maman qui me l'a dit, et ensuite, une fois qu'on a payé sa suite au Plaza et fait le plein de la limo, on donne les bénéfices restant pour la construction de l'hosto. Hosto qui va servir à soigner presque à coup sur les même gosses que ceux qui auront acheter la drogue qu'il met sur le marché. Drogue qui aura servi à construire l'hosto... Euh... Alors je veux bien que le côté Robin des bois des temps modernes sur le papier ça ait de la gueule, mais là c'est du n'importe quoi, faut pas me prendre pour un jambon.

Mais si l'on passe outre ça et surtout, outre Laurence Fishbure (désolée mais je ne m'en remets pas), on a quand même un film qui vous happe, avec une montée crescendo de la violence jusqu'à une scène nocturne sous la pluie qui en jette et un final qui a de la gueule. A noter que toutes les scènes nocturnes sont excellentes, elles rappellent celles de "China girl" où Ferrara montrait déjà tout son talent pour les éclairages et sa façon de filmer New York, ce New York sale, glauque et malade. Il aime surement trop les néons bleus et roses très eighties mais moi itou alors ça me botte.

Enfin, bons et mauvais ne sont pas répartis sagement chacun de leur côté de la barrière, ici quand certains flics continueront coûte que coûte à respecter la loi, d'autres sont prêts à user des mêmes méthodes que celles de ceux qu'ils combattent pour remporter la partie. La fin justifie-t-elle tous les moyens ? La question est bien posée.

Je suis passée outre ce qui me gêne dans ce film pour n'en garder que ce que j'aime, j'suis bonne pâte au fond, mais c'est dommage, avec un scénario moins incongru, pour rester polie, j'aurais trouvé ça génial.

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