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Identité judiciaire

Film de Hervé Bromberger Policier et drame 1 h 30 min 18 avril 1951

Le commissaire Basquier tente de démasquer le sadique qui a agressé plusieurs femmes dans Paris. L'une d'entre elles s'est suicidée après avoir été droguée au curare...

Dans les années 50 se manifeste un intérêt du public pour les techniques d'enquête policières, matérialisé au cinéma par des œuvres telles que "Police judiciaire" (Maurice de Canonge, 1958) ou "Detective story" (William Wyler, 1951).

Sorti la même année que ce dernier, "Identité judiciaire" s'intéresse lui aussi au quotidien des flics, et plus encore à la nature de leurs investigations. Les méthodes de travail de la police scientifique, des plus traditionnelles aux plus innovantes, sont ainsi mises en valeur au cours du film : balistique, chimie, graphologie, recueil d'indices (moulages…), analyses en tout genre...

Le risque est double avec ce genre de production : idéaliser les forces de police, et oublier de raconter une bonne histoire. Et je dois dire que le réalisateur Hervé Bromberger, dont c'est le premier long-métrage en solo, évite assez bien ces deux écueils.

D'une part, le film n'est pas dithyrambique à l'égard de la police, même si les flics apparaissent évidemment sympathiques, à l'image de leur représentant le plus éminent, le grand Raymond Souplex, qui campe un commissaire matois et jovial, à la faconde inimitable - lui qui "préfère les filles publiques aux dames du monde". Mais certains aspects moins reluisants ne sont pas oubliés : attitude désagréable vis à vis de parents venus signaler la disparition de leur fille, paire de baffes à un suspect, discours volontiers moralisateur, sans oublier de traiter de "salope" une femme qui refuse de témoigner (juste après son départ, certes).

D'autre part, "Identité judiciaire" n'oublie pas d'être un vrai film policier, et l'enquête relatée ne manque pas d'intérêt (un tueur de femmes) - en dépit de quelques incohérences mineures. Même si les débuts sont un peu balbutiants, le film trouve assez vite son rythme de croisière, proposant même en son milieu un rebondissement du meilleur effet - lors d'une séquence tout à fait remarquable.

Signalons encore les dialogues de très bonne tenue signés Henri Jeanson, qui offre notamment l'occasion à une toute jeune Marthe Mercadier de faire un numéro irrésistible de prostituée dont le bagou n'a d'égal que son accent des faubourgs.

On notera aussi la prestation bluffante de Jean Debucourt dans le rôle du pervers : son regard devient subitement vide, c'est particulièrement effrayant.

Quant à Raymond Souplex, son numéro de flic humain et rusé s'avéra tellement épatant que ce personnage fut directement à l'origine de la fameuse série "Les cinq dernières minutes", dans laquelle Souplex incarnera le commissaire Bourrel durant 14 ans.

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