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La Maison Bonnadieu

Film de Carlo Rim Comédie dramatique 1 h 45 min 16 août 1951

Dans la maison Bonnadieu, une drôle d’entente règne dans le ménage : les infidélités de la frivole épouse Gabrielle sont finalement tolérées par son mari Félix en fonction du statut social de l’amant qu’il décrète convenable selon des critères très personnels…

J'appréhendais plutôt le cinéma de Carlo Rim, et je dois dire que jusqu'à présent je suis assez agréablement surpris. Ce n'est pas un film aussi aboutit qu'on le souhaiterais, mais il contient suffisamment d'éléments intéressants pour valoir le coup d'œil.

Carlo Rim a le bon goût jouer avec humour avec les ficelles habituelles des histoires de cocufiage. Et il faut reconnaître que la plupart du temps c'est assez efficace. Le personnage de Bernard Blier (qui semble tout droit sorti de "Manèges") en homme trop gentil et vieillissant qui découvre sur le tard la férocité du monde, la manière dont on s'arrange avec le puritanisme, tout cela est montré avec une ironie assez délectable.

C'est même illustré avec des idées assez cocasses et drôles par moment : l'écharpe du cureton dans une boîte à corsais, la danse des robes, Danièle Darrieux (remarquable comme toujours) qui s'extasie devant la pendule avec un jeune guerrier gaulois de bronze musclé et nu, Blier qui s'incruste au milieu des jeunes filles en train de reluquer les jeunes hommes dans la salle de sport etc.

Néanmoins le film ne va pas toujours au bout de son propos. Le mariage de la bonne avec l'amant est trop vite expédié, et le film est assez confus avec la grand mère de Daniel Darrieux. Bien que le personnage soit assez drôle, on ne comprend pas trop sa conception de "l'honneur des femmes" qu'elle prétend défendre. Elle dit à Darrieux qu'elle déshonore l'adultère au seul motif qu'elle choisirai mal ses amants pour la pousser à la fidélité conjugale. C'est assez maladroit et forcé je trouve. Le film effleure également la question des différences de classes sociales avec le personnage de la fausse maîtresse de Blier mais abandonne rapidement l'idée. Carlo Rim semble vouloir parler de tout et surcharge son film d'éléments dont il n'avait pas besoin.

Heureusement tout cela est rattrapé par une fin assez piquante et drôle avec un dernier plan qui illustre bien le propos du film: toute la morale puritaine du monde ne pourra jamais calmer l'appel de la chair.

Au final, c'est une œuvre semi ambitieuse, comme l'armoire volante. Tel quel c'est très agréable à suivre mais on en aurait voulu plus.

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