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Le Petit Garçon

Film de Pierre Granier-Deferre Comédie dramatique 1 h 47 min 11 janvier 1995

Fin de l'année 1942. François, dix ans, découvre la joie de vivre, de courir, de rire. Les troupes allemandes envahissent la zone libre, dont la région du Tarn, où le père de François a emmené sa famille.

Il est des films adaptés d'un livre, dont on dit qu'ils sont une mauvaise adaptation mais un bon film. "Le petit garçon" serait plutôt l'exemple inverse : une adaptation honnête mais un film médiocre.

Il s'agit de l'ultime long-métrage du vétéran Pierre Garnier-Deferre, qui choisit de transposer le roman autobiographique de Philippe Labro, décrivant son enfance pendant la seconde guerre mondiale. Pressentant la catastrophe, le père de Labro avait choisi de quitter la capitale quelques années avant le début du conflit, préférant mettre à l'abri en province sa petite famille (nombreuse), dans la bonne ville de Montauban.

Le jeune héros, alors âgé de neuf ans, connaît donc une enfance heureuse et relativement insouciante parmi les siens, avant que les allemands ne finissent par débarquer dans le sud-ouest, jusqu'à occuper la maison familiale, mettant ainsi à mal le petit réseau de protection des juifs imaginé par le chef de famille et son complice de longue date.

Le roman de Philippe Labro était une chronique de l'enfance, sans trame narrative majeure, et le film souffre de cette structure, mais s'avère encore moins convaincant lorsqu'il s'en affranchit. Tant que Granier-Deferre reste fidèle aux faits relatés par Labro, le film fonctionne plutôt pas mal, s'appuyant sur de beaux décors, une reconstitution soignée et une distribution efficace : Brigitte Roüan, Serge Reggiani, Ludmila Mikaël, Olivia Bonamy, Jacques Weber - même si confier à ce dernier le rôle d'un homme mince et sec, tendance misanthrope, pourrait relever du gag!

Hélas, les choix opérés par les scénaristes pour muscler le scénario se révèlent sans relief, voire de mauvais goût : on invente ainsi une amourette assez mièvre au petit garçon, et on dramatise le passage d'un barrage allemand (sans qu'on ne voie très bien en quoi faire pleurer les gamins en les giflant pourrait faciliter les choses…). Parmi les défauts, mentionnons également la partition musicale insipide de Philippe Sarde, qu'on a rarement connu aussi peu inspiré.

Dommage car le film s'avère plutôt sympathique dans sa première moitié, avec quelques jolis plans imaginés par son réalisateur, comme cette arrivée nocturne mystérieuse de l'Homme sombre, au son du jingle inquiétant de Radio-Londres. D'ailleurs, si "Le petit garçon" n'est clairement pas une oeuvre destinée aux cinéphiles, il reste un film familial correct, qui présente la guerre sous son visage le moins abject, pouvant ainsi être vu par un large public, y compris de jeunes enfants.

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