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Love Fiction

Film de Jeon Kye-Su Comédie romantique 2 h 01 min 29 février 2012

Un écrivain en panne d’inspiration cherche l’amour. Mais en trouvant l’un, il se pourrait bien que l’autre lui tombe dessus !

Il y a deux comédies romantiques à l’édition 2012 du Festival du Film Coréen à Paris, Penny Pinchers et ce Love Fiction, et si les deux partagent le même genre cinématographique, elles n’ont en revanche que très peu de ressemblances, allant toutes deux dans des directions totalement distinctes. Penny Pinchers était frais, jeune, alors qu’avec Love Fiction on se rend compte tout de suite que le discours va être bien plus profond et mûr que l’affiche ne pourrait le laisser croire. N’ayez cependant aucune crainte, l’humour il y en a, à foison, surtout pendant la première heure qui est un véritable déluge de rires qui n’oublie pourtant pas de planter un décor et des personnages riches. D’un côté nous avons Joo-wol (interprété par Jung-woo Ha, à des années lumière de son rôle dans The Chaser !), romantique écrivain affreusement maladroit figé devant son incipit, et de l’autre côté nous avons Heejin, pétillante jeune femme travaillant dans le milieu du cinéma et dont ce coeur d’artichaut de Joo-wol va tomber évidemment amoureux. Le réalisateur et scénariste Kye Soo Jeon nous bluffe totalement pour plusieurs raisons, d’abord il installe une comédie, drôle, du romantisme daté mais touchant, mais surtout il nous happe sans que l’on ne s’en aperçoive dans un film d’auteur au texte très profond. Il vient même un moment, dans sa deuxième partie, où le doux-amer va jusqu’à nous envoyer des relents de Blue Valentine si violents que l’on ne sait finalement plus trop où tout cela va nous mener, nombreux codes de la comédie sentimentale étant remaniés sans discontinuer. On finit d’ailleurs par lui trouver une ressemblance avec Méprise Multiple, le point de rupture se situant autour du sexe et provoquant le même malaise non-dit que dans celui-ci.

Kye Soo Jeon est aussi un sacré malin, car il s’amuse à ajouter tout plein d’effets sur sa bobine (flashbacks, hallucinations…), proches de ceux qui sont devenus la marque de fabrique de Jean-Pierre Jeunet, sans pour autant risquer, à l’inverse de celui-ci, de virer au gimmick poussé à l’excès, donnant à ces brefs instants une véritable vie; on finit même par s’intéresser aux personnages de fiction dont Joo-wol contrôle la vie, les torturant à défaut d’avoir un contrôle absolu sur sa vie, ses histoires sentimentales se terminant toujours en fiasco. Love Fiction est quelque chose d’assez unique dans la sphère sentimentale et vient servir efficacement de miroir à Penny Pinchers, car si ce dernier fonctionne beaucoup chez les trentenaires de par son côté nostalgique, Love Fiction leur affiche des personnages bien plus proches d’eux, communs sans pourtant manquer d’une identité propre (Jung-woo Ha et Hyo-jin Kong ne sont d’ailleurs pas des canons de beauté, bien qu’ils aient tous deux un charme indéniable), permettant au spectateur de se glisser aisément dans leur peau, à l’inverse des romances américaines bien trop superficielles pour solliciter leurs publics. On en ressort avec le sourire, plein d’optimisme, avec un regard pointé vers le futur et non le passé.

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