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Godzilla 2000

Film de Takao Okawara Action, aventure, drame 1 h 39 min 11 décembre 1999

Godzilla sauve Tokyo d'une soucoupe volante qui se transforme en monstre, Orga.

En général, j'ai l'habitude d'aller lire quelques critiques après visionnage pour jauger mon impression et là paf, rien. Pas un seul mot sur ce truc. Quedalle. Alors histoire de pas m'contenter de la recommandation pour qui s'intéresse de près ou de loin à la castagne de types en costumes de monstres géants, j'vais en déblatérer quelques phrases parce-qu'il vaut quand même sacrément le détour. Diantre.

Bon alors l'histoire est classique, y a des gentils humains qui étudient le gros iguane nucléaire et prônent sa sauvegarde et des méchants humains qui, depuis 1954, passent la plus grande partie de leur temps libre à essayer de dézinguer le monstre qu'ils ont réveillé. Parallèlement à ça, une étrange météorite est découverte dans les abysses et remontée à la surface avant de se révéler en réalité être un vaisseau alien patientant dans les fonds marins depuis 60 millions d'années pour préparer sa conquête terrienne. S'en suit l'attaque du vaisseau recherchant avec hardeur des informations sur Godzilla dont le pouvoir régénérateur à la Wolverine s'avère très intéressant pour qui veut dominer une nouvelle planète hostile et s'adapter sans peine à son atmosphère. Comme l'armée semble tout à coup d'avantage s'intéresser au vaisseau qu'au lézard, Godzilla, diva saurienne depuis 46 ans qui soudainement se fait voler la vedette par un tas de ferraille en images de synthèse, le prend très mal et décide d'en découdre avec la soucoupe. Il se prend une raclée, se retire et revient à la charge un peu plus tard regonflé à bloc pour livrer bataille à l'extraterrestre dans sa forme ultime et sacrément badass, ce dernier tentant de cloner les cellules du King of the Monsters. En gros.

Bon bref, pourquoi ce film se démarque des autres et pourquoi je l'recommande sans hésiter aux fans du genre. Surement pas pour ses intégrations plus que foireuses de CGI dignes d'un The Asylum, allant des hélicos de traviole à Godzilla lui même nageant dans les eaux comme une anguille qui aurait avalé l'Everest. Non. Je ne le recommande pas plus pour les multiples clins d'oeils à différents blockbusters de l'époque, notamment aux rejetons d'Emmerich, entre du copier coller d'Independence Day et des reprises de son faux Godzilla... C'est rigolo certes, mais ça n'suffit pas à valoir le détour.

Non. Si ce film est à voir, c'est pour sa star, Godzilla, qui a un look plus que réussi, tout hérissé d'écailles rugueuses, la peau semblable à une gigantesque armure d'écorce blindée et de pomme de pain atomique, le tout sur un corps revu pour attaquer le nouveau millénaire dans la force et la brutalité, gardant son éternelle démarche pataude et ondulante en harmonie avec une nouvelle touche gracile du plus bel effet. L'animal bénéficie qui plus est d'une mise en scène tout à fait potable, changeant de l'éternel schéma du film de kaiju habituel : Monstre sortir de l'eau, caméra suivre monstre de profil démolissant tanks et piétinant ville, caméra suivre monstre de dos retournant dans eau, fin. Non non, là on se permet quelques petites audaces qui évitent l'ennui des répétitions, permettant au costume de s'intégrer relativement bien aux décors, entrant en interaction avec les acteurs, et offrant quelques plans très réussis dans tous les jeux d'ombres et de lumières que permet l'arborescence écailleuse du monstre dans toute sa furie volcanique. Ajoutons à ça un combat final réellement bon, avec un ennemi inattendu dont je n'connais même pas le nom mais qui a vraiment la classe, proposant une gueule vraiment travaillée parsemée de dents et autres protubérances osseuses pour faire face à un Roi des Monstres très en colère et on obtient un très bon film de kaiju dans les pures règles de l'art, et un des meilleurs Godzilla.

Bref, après avoir enfin pu voir le merveilleux Godzilla contre Megalon ce matin (la critique de drélium sur ce dernier est fort recommandable), c'est ici un retour à un minimum de sérieux pour un film qui n'en demande pas vraiment, mais qui a le mérite de faire réellement honneur au mythe dévastateur dont il parle.

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