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Sous le soleil de Satan

Film de Maurice Pialat Drame 1 h 33 min 2 septembre 1987

La jeune Mouchette, 16 ans, tue son amant. Tout le monde pense que le défunt s'est suicidé. Mais l'adolescente ressent le besoin de confier son crime à l'abbé Donissan, le vicaire du village. Une relation étrange, malsaine et fallacieuse se noue entre eux.

Et vice versa.Au départ le titre un peu grossier m'a fait peur et le sujet d'un homme torturé par la perte de sa foi ne me disait pas plus que ça. Finalement, j'ai vite été séduite en premier lieu par le jeu de Depardieu et de Bonnaire.Même si, pendant les vingt premières minutes, ça pourrait ressembler à du théâtre filmé qui met l'action de côté pour se concentrer sur la personnalité ambigue des protagonistes, ces scènes ont le mérite d'isoler chacun dans leur monde, la fille et le prêtre dont on attend déjà la rencontre. Ce film pourrait être l'expérience de l'autre soupoudré de mysticisme, de folie et de réalisme.Le prêtre, en période de doute intense fera alors l'expérience de la vraie vie , ancré dans cette terre villageoise morne.Lorsqu'il s'isole dans la campagne, s'éloignant toujours plus de toute marque de civilisation pour se retrouver face à son dieu dans les vallons, il y a là un bon travail de réalisation, un partit pris très pictural d'une soutane noir d'encre, tâche dans la vallée verdoyante.Il fuit mais la marque de l'homme est toujours là : ici un pré de vaches, là une clotûre rudimentaire, et enfin l'autre, un homme, c'est le diable.Bizarre que Piallat ai réfuté l'hypothèse d'un film parfois vraiment naturaliste... "Mouchette" incarnée par Bonnaire représente au contraire le monde concret, cru et cruel d'une certaine nature humaine.Là où Depardieu le spirituel est filmé de façon naturaliste la très survoltée Mouchette appelle à un traitement du corps et des postures dans le symbolisme, un maquillage blême et des vêtements qui rappellerons une sorte d'Ophélie de Millais par exemple.Malgré ses grosses névroses, magie du cinéma opérante,on se demande bien des fois si cette pauvre petite de 16 ans n'est pas dans une certaine vérité, une Lilith épanouie plus qu'une sainte c'est sûr. Et puis quand même, il y a un véritable faux coup de théâtre, d'un acte qu'on attendait au fond et qui surpredra tout de même, comme ces cris qui déchirent souvent le silence au sein du film.(Et c'est pas le coup de fusil de Sandrine Bonnaire qui rappellera forcément son acte dans La Cérémonie de Chabrol.) Enfin, voilà deux mondes en mode attraction/ répulsion, j'ai plus été séduite par l'aspect formel , les mouvements et les couleurs qu'autre chose.La fin du film se traine en longueur, perd de son intensité dramatique dans ce décors gris bleu morne, ça n'aide pas à relever ma note mais on ne peut nier qu'il y a de chouettes films français quand même avec des acteurs offrant des prestations extraordianaires.

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