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Solitude

Film de Pál Fejös Muet et comédie dramatique 1 h 09 min 20 juin 1928

New-York, un 3 juillet. Jim est ouvrier, Mary est standardiste ; ils mènent sans se connaître des existences parallèles et se rencontrent par hasard.

En préambule je tenais à t'avertir, toi le lecteur fidèle ou occasionnel, qu'ici tu ne trouveras pas l'une de mes critiques verbeuses que je multiplie sur le site dans le simple but de justifier mon badge "Loquace" !

Non rien de tout ça, car mon humble bafouille n'a pas d'autre but que d'attirer un peu l'attention sur un petit film, d'une simplicité extrême, mais néanmoins pétri de qualité ! "Lonesome" est un film assez singulier qui n'a, a priori, pas grand-chose pour lui ! C'est pratiquement avec le statut d'amateur et avec des moyens rachitiques que Fejos tourne son film en 1928. Il n'y a pas vraiment d'intrigue, l'histoire est réduite à sa plus simple expression, les personnages sont à peine esquissés...

Et pourtant...

Il se dégage véritablement quelque chose de ce petit bout de péloche issue des dernières heures du muet ! L'histoire nous montre simplement les prémices d'une histoire d'amour ordinaire, affreusement banale, certes nappée de candeur, mais néanmoins irrésistiblement touchante : deux jeunes gens, citadins, actifs et finalement incroyablement seuls, décident d'aller se distraire après le boulot, une fois le week-end venue. Là c'est la rencontre, le coup de foudre et cette maudite solitude qui vole en éclat !

On sent tout de suite la volonté de Fejos de reprendre à son compte une partie du savoir-faire des grands cinéastes du muet : il semble s'inspirer de Ruttmann en nous proposant une sorte de docu-fiction de New York, il reprend aussi les scènes de la fête foraine ou de l'orage vues dans L'Aurore de Murnau... Mais surtout, il filme cette romance en la mettant en opposition avec la foule, immense, anonyme, qui tend à robotiser et à isoler les individus. Bien sûr tout cela reste très superficiel, Fejos n'ayant pas les ambitions (et les moyens) qu'un King Vidor affiche avec "The Crowd". Il n'empêche que les deux films se ressemblent un peu !

Sur le plan de la mise en scène, Fejos se distingue également en utilisant des surimpressions, des passages colorisés ou un montage accéléré dans le simple but de servir son histoire. Il y arrive fort bien la plupart du temps, même si certains effets sont trop marqués (la sonorité) et que l'ensemble reste bien gentillet voire un peu trop sucré.

Mais pour le reste "Lonesome" reste une belle réussite, avec son histoire sans prétention mais débordante de fraîcheur et de candeur ; l'essentiel du métrage semble épouser la forme de cette kermesse que Fejos tente de filmer sous tous les angles, donnant ainsi l'impression d'une œuvre pétillante, légère, ludique et joyeuse ! Bref, c'est une œuvre à découvrir au moins pour le charme de Barbara Kent et à savourer comme une douce confiserie croquée au milieu de la sympathique effervescence d'une fête foraine.

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