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La Dernière Marche

Film de Tim Robbins Policier et drame 2 h 02 min 27 mars 1995

Matthew Poncelet (Sean Penn) est condamné à mort pour le meurtre de deux adolescents et apprend que son exécution est proche. C'est à ce moment là qu'il fait la connaissance d'une soeur, qui va l'accompagner jusqu'à la fin et l'aider à accepter son sort.

Sorti en 1995, le film de Tim Robbins choisi clairement son camp sur la question de la peine capitale. Il s'agit d'un sujet extrêmement sensible et complexe, notamment aux Etats Unis, pays natal de La dernière marche.

Pour mettre en scène ce thème, l'on suit sœur Helen Prejean, vivant dans le seul but d'aider son prochain. Elle reçoit depuis quelques temps des lettres d'un certain Matthew Poncelet, condamné à mort pour les meurtres de deux adolescents. A sa demande, Helen accepte de devenir sa conseillère spirituelle. Elle va par tous les moyens essayer de sauver l'âme de Matthew.

Ce film parle sans détours de religion, de douleur, de la perte d'un enfant, de rédemption, de vengeance. Hey oui tout un programme! J'avais très peur que le propos du film tombe dans une morale religieuse qui aurait eu tendance à m'agacer au point de m'en arracher les cheveux. Mais non, j'ai trouvé que Tim Robbins s'avait où il allait, maîtrisait son film. Il se place d'un point de vue humaniste et parvient à sonder l'âme humaine de manière juste, équitable.

Pour la religion, certes il en est un peu question car le personnage de Helen est une none. Et oui il y a des références bibliques mais ses allusions font directement échos aux préoccupations humaines, que l'on soit religieux ou non, comme la solitude, la culpabilité...

La douleur est très présente tout au long du film, car il s'agit bien évidemment d'un drame. Helen alterne entre les visites aux parents des adolescents défunts et les entretiens avec Matthew. Elle porte une oreille attentive à ses âmes en peines, accumule leur colère et leur tristesse respective mais ne les jugent pas. La peine des parents est montrée comme extrémiste, légitime mais extrêmement violente. ils ne comprennent pas pourquoi Helen continue d'apporter du réconfort à ce criminel, cette bête sauvages qu'ils disent. Ce film est intéressant car il nous permet d'entendre le point de vue des deux parties, les victimes, le "coupable" et donc d'éprouver de la compassion pour tous.

J'aimerais expliquer les raisons qui me permettent de penser que ce film milite contre la peine capitale.

1) Matthew est montré comme une personne impulsive, parfois extrémiste dans ses paroles mais aussi de façon extrêmement humaine. Il sait ressentir la colère, la tristesse, la culpabilité ainsi que de l'amour pour ses proches. Notamment la scène où il avoue avoir participé très fortement au meurtre et au viol, il explique son implication dans ce crime atroce mais c'est à ce moment pourtant que l'on éprouve le plus de compassion pour lui. Il apparait comme un homme remplie de remords, de faiblesses et conscient d'avoir prit de mauvaises décisions dans sa vie.

2) La scène de son exécution, un plan en plongée montrant Matthew, allongé sur la table, les bras écartés. sa position n'est pas un hasard, c'est une allusion direct à Jésus crucifié. Cette image veut nous faire comprendre que Matthew est mort en tant que martyr.

3) La scène de l’enterrement de Matthew où le père d'une des victimes se présente à Susan et lui dit que sa haine est toujours là, elle n'a pas réussit à s'envoler en même tant que l'âme de Matthew. Sur ce j'aimerais citer Bukowski en disant "la mort n'est un problème que pour ceux qui restent en vie". La mort d'un inconnu contre celle de notre enfant ne parviendra jamais à équilibrer la balance, ça aura pour seul effet de laisser deux parents supplémentaire en deuil.

Pour conclure, je vous conseille vivement de voir ce film pour vous faire votre propre idée ainsi que pour apprécier les jeux de Sean Penn et de Susan Sarandon qui démontrent une fois de plus leur talent.

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