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Les Cavaliers

Film de John Frankenheimer Drame et aventure 1 h 49 min 22 juillet 1971

A Kaboul, s'affrontent les meilleurs cavaliers d'Afghanistan dans le fameux jeu Buzkashi , Uraz tombe et se casse une jambe, tandis que son cohéquipier sauve l'honneur et gagne la compétition, Uraz doit se faire amputer mais compte bien encore montrer ses talents de cavalier...

Quand j'ai vu le casting sur la pochette que me présentait le marketing viral d'Amazon, je n'en ai pas cru mes yeux. Omar Sharif et Jack Palance, deux de mes idoles, réunies dans un même film signé Frankenheimer et datant de 1970. Il fallait absolument que je me le procure.

Et je n'ai pas été déçu. C'est viril, très viril. On y parle de l'Afghanistan des années 70 et d'un sport bien bourrin (sans jeu de mot) : le buzkashi, course de chevaux qui consiste à ramasser un tronc de veau (ou de chèvre) pour le disposer dans un cercle. Pour parvenir à ses fins, on a le droit de mettre autant de coup de cravache que nécessaire à ses adversaires. Ce sport existe vraiment. C'est une sorte de "Rollerball" à cheval en quelque sorte, du "water polo d'hommes" comme le dirait Lino.

Pour un peu, vu la culture des Afghans présentés, leur façon de s'exprimer, leurs valeurs, on se croirait presque revenus dans Conan. Pourtant Millius n'est pas crédité au scénario et le film est tiré d'un roman de Joseph Kessel.

Quoi qu'il en soit, Omar Sharif y campe Uraz, le fils de Palance (abondamment vieilli pour les besoins du film) et le scénario exploite à merveille le complexe d'Oedipe. Lorsqu'il ressort vainqueur malgré lui du tournoi national de Buzkashi, grâce à l'aide de l'un de ses compagnons de clan et de son fidèle destrier Jahil, le fils blessé pète un plomb : il veut tout d'abord enlever son plâtre, puis choisit délibérément le pire chemin pour rentrer au bercail.

Le personnage d'Uraz est dur, revêche, noyé d'orgueil mal placé, salement égoïste et bas de plafond. Pas attachant du tout, un parti-pris certainement réaliste mais dangereux, en ce sens qu'il peut faire décrocher du film. Ce qui, au vu de certaines critiques du film, a dû se produire avec bon nombre de spectateurs.

Mais, et il y a un mais de taille, à mesure que l'histoire avance, on se rend compte que le protagoniste principal n'est pas celui qu'on croit. Uraz on s'en fout finalement, celui qui compte, c'est Jahil, son cheval et ça c'est vraiment bien vu.

De manière générale, le film vous immerge dans cette culture très éloignée de la nôtre et de son confort feutré : les paris sur des combats de béliers, la façon dont est filmée le buzkashi, le rapport maître-esclave qu'entretient Uraz avec son saïs, le refus de la médecine, substitué par des croyances religieuses archaïques. Sans oublier Leigh Taylor Young, unique personnage féminin, au regard envoûtant et mystérieux et à l'attitude ambiguë, qui a certainement inspiré la sorcière de Conan.

Les mœurs dépeintes sont à l'image du relief et du climat du pays, parti-pris visuel et narratif qui n'est pas sans rappeler "l'homme qui voulut être roi", "le lion et le vent" et "Lawrence d'Arabie". A découvrir.

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