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My Architect

Documentaire de Nathaniel Kahn 1 h 56 min 13 octobre 2004

Fils de l'architecte Louis Khan, le réalisateur part en quête de cet homme qu'il a peu connu au fil des monuments qu'il a construits et en allant à la rencontre de ses proches.

C'est l'histoire d'un père qui est mort, d'un fils qui veut savoir des choses sur lui. C'est l'histoire de ce fils qui s'appelle Nathaniel. Il y a dans cette histoire une maison appelée "maison des Fisher". C'est une histoire produite par HBO.

Et pourtant, ce n'est pas une histoire sur la famille Fisher mais sur la famille Kahn. Ce n'est pas Six Feet Under mais My Architect.

Un documentaire sur l'architecte Louis Kahn réalisé par son fils Nathaniel Kahn, ça peut d'abord sembler très mauvais. Deux longues heures à regarder et étudier des bâtiments, je vous avoue que ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus dans le cinéma. Mais au final, ce film n'est pas un film sur l'architecture, c'est un film sur l'humanité (et puis un peu aussi sur l'architecture). Louis Kahn est un architecte mais il est tout d'abord un humain, cet être complexe qui a ses secrets, ses angoisses, ses amours et ses haines incontrôlables ou inexplicables.

C'est un documentaire sur l'amour, pas celui des contes de fées mais un amour bien plus compliqué. "Lou" aimait trois femmes, s'est marié avec l'une d'entre elles et passait quelques week ends avec les deux autres. Alors qu'il en aimait une en rentrant chez lui le soir (s'il rentrait chez lui le soir), il en aimait une autre la journée car celle-là était sa partenaire en architecture. Il leur cachait des choses, il était parfois égoïste, mais il les aimait très fort.

C'est un documentaire sur la mort, et c'est là qu'il se rapproche de Six Feet Under, car il montre le vide des hommes, leurs états d'âme, le souvenir de quelqu'un qui ne reviendra jamais, quelqu'un qui est parti alors qu'on l'aimait. L'une de ses femmes, mère de Nathaniel, par exemple, est impressionnante. On peut encore lire tout l'amour sur son visage, et puis on voit qu'elle est toujours bien bien affectée par la mort de son ancien compagnon ("Bien sûr qu'il a fait ça pour moi, pour quoi il l'aurait fait sinon ? Réponds-moi, pourquoi il l'aurait fait ? Réponds-moi !").

Tour à tour on admire Louis Kahn, puis on le déteste entièrement, comme son fils le long du film, comme ses femmes le long des années passées avec lui. C'est aussi un documentaire sur le pardon, sur l'acceptation du caractère de quelqu'un car on l'aime après tout. Puis on comprend que ce n'est pas aussi facile. Et c'est là toute la beauté du film, qui insiste sur le fait qu'un homme, ce n'est pas aussi facile à expliquer et à comprendre.

Et puis il y a des moments sublimes dans ce film. Lorsque trois enfants parlent de leur même père décédé il y a 25 ans, lorsqu'ils rattrapent toutes ces années, lorsqu'ils se disent à quel point leurs mères se détestent, c'est franchement beau. Lorsqu'un grand ami de Louis Kahn apprend qu'il est en train de parler à son fils et qu'il se met à pleurer, lorsqu'il lui dit "you are him", lorsqu'il avance vers lui et lui fait un câlin alors qu'il pleure encore, c'est franchement, franchement beau. Et je ne peux qu'avoir des frissons lorsqu'on filme des bâtiments magnifiques en steady cam qui avance, le tout sur des violons bien puissants. Faible, que je suis. La façon dont Nathaniel raconte son voyage initiatique, la façon dont les amis de Louis répondent aux interviews, j'ai trouvé que tout était magnifique. Certaines phrases étaient vraiment belles (cf le titre de la critique), tellement belles qu'elles auraient pu être dans... Six Feet Under. Ce film m'a fait comprendre certaines choses sur la vie, la mort, et tout ce qu'il y a autour, je n'en demande pas plus pour l'aimer. Après tout, si Six Feet Under est devenue ma série préférée, c'est surtout pour tout ce qu'elle a pu m'apporter humainement. Mais bref.

Bref. J'aurais pu mettre une moins bonne note et je le sais. Mais je m'attendais à quelque chose de nul, l'un de mes profs nous avait dit qu'il serait nul (et ce prof, je ne l'aime pas, c'est étrange non ?), alors qu'au final, au-delà d'un simple "ce fut une agréable surprise", je peux même dire que le film était BIEN. ET PUIS OUI CELA FAIT PLUS DE DEUX SEMAINES MAIS JE NE ME SUIS TOUJOURS PAS REMIS DU FINAL DE SIX FEET UNDER COMME VOUS LE VOYEZ. Donc à partir de maintenant, mes notes ne veulent plus rien dire puisque mon cerveau a été détruit le soir du mercredi 12 septembre 2012. J'y pense en permanence, dans tout ce que je fais ou tout ce que je vois, et c'était le cas lors du film, alors pardonnez moi mais je vais garder mon 8.

Ah oui, j'allais oublier : les gens qui partent de l'amphithéâtre 10 minutes avant la fin du film pour avoir à manger à la cafétéria de l'école d'architecture. #lesgens

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