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Dzień świra

Film de Marek Koterski Comédie et drame 1 h 33 min 7 juin 2002

Dzień świra (2002), littéralement Journée d'un dérangé, est un film très célèbre en Pologne à cause des attitudes, des réactions, des manières, des pensées et de la grossièreté du seul personnage principal de ce film, Adaś Miauczyński, interprété par l'excellant acteur polonais, Marek Kondrat. Le thème principal se repose sur la psychologie, ou plutôt l'histoire d'un homme psychologiquement touché : phobie, TOC, trouble de la personnalité, hallucination... Bref, tout une flopée de saloperie.

Le film suit la journée d'Adaś (à prononcer "Adache" ; le "e" est muet), un professeur de lettres divorcé de 49 ans (7x7) qui a, sans que ce soit implicitement dit durant tout le film, des TOC. Par exemple, il boit 7 gorgées pile d'eau minérale, mélange son café 7 fois à la cuillère, compte 13 secondes quand il pisse, etc ... Depuis son brutal réveil du marteau-piqueur par des ouvriers, où il les insulte même par la fenêtre, on suit son quotidien... et ses manières très spéciales. En effet, il est réglé comme une horloge : il ne fait que de suivre étape par étape ce qu'il doit faire de la journée ; ça procure une sensation machinale, quotidien, en particulier pour le personnage car s'il est en retard dans ses habitudes journaliers, il n'hésite pas à re-régler de son petit horloge pour se convaincre qu'il est dans ses temps!

Tout de suite, le spectateur a compris : il est instable. Cependant, il reste lucide et non potentiellement dangereux ; de ce fait, ses actions ont un caractère comique et inoffensif. Toutefois, pour Adaś, il en souffre et dit avoir besoin de vacances. Sa névrosité l'empêche de se détendre et de se reposer. Vraisemblablement, sa folie se traduit par le fait qu'il est très sensible au bruit et il pense qu'elle est volontairement provoqué contre lui (paranoïa et sensibilité auditive), comme à la fois où un jeune descend bruyamment les escaliers de son immeuble en rollers ou sa voisine policière du-dessus qui s'entraîne au karaté sur une table. Rapidement, nous sommes nous aussi plongés dans cette folie car le simple fait de vivre sa vie quotidienne, d'un point de vue interne, nous donne l'impression que nous sommes dans sa tête (malade). Résultat : comment survivre 1h30 avec lui ?

La comédie. Ce n'est pas pour rien que ce long-métrage est construit autour de ce genre. C'est un moyen de rendre inoffensif la vie dérangée d'Adaś : c'est ce qui rend le film appréciable et loufoque, provoquant des scènes hilarantes comme quand Adaś chie dans le jardin d'une dame qui, elle, avait laissé son chien chier dans son jardin, ou lorsqu'il s'engage dans une série d'insulte insensée avec une autre femme qui l'accuse de l'avoir bousculé au magasin. Mais c'est une ironie. C'est une ironie car plus le film arrive vers sa fin, plus le trame perd en sens commun. Arrivé à la plage en pensant pouvoir se reposer, Adaś retrouve ses hallucinations qui le hantent toujours et des visions de son entourage : son ex-femme, son voisin, sa mère (elle aussi dérangée ; sa culpabilité sur la santé de son fils ne fait pas de doute)... Il perd vraiment les pédales mais tient le coup quand même, se rendant à l'évidence qu'il ne peut se débarrasser de ses propres démons... et rentre chez lui.

Un autre point essentiel du film resté dans l'ombre est la société. Elle est présente à la télé avec des débats politiques kafkaïen, des pubs explicitement sexuelles et surtout par les individus dans la ville. Une manifestation très calme, blindée de policiers... pour sept personnes. L'amour contagieuse des voisins d'immeubles pour les chiens, ce que le personnage principal hait le plus. Comment accepte-t-elle Adaś?

Mal. Il est payé 777 zloty par mois (soit 185 euros) après avoir passé sa jeunesse à la bibliothèque, à l'école d'élite des poètes. Les personnes qui intéragissent avec lui, que ce soit avec sa famille ou les citoyens, semblent eux-mêmes partager cette sensation de folie : changement sans fin de places de bus, politiciens aux discours paradoxales... Vous l'aurez compris, ce film est complètement barge mais ô combien attirant et touchant.

Le problème, c'est que pour profiter de toute la dimension du film, faut être polonais ! du moins pour l'humour grotesque et comprendre les jeux de mots. L'ambiance est celle d'une comédie absurde typiquement polonaise. Les étrangers trouveront Dzień świra bizarre et incompréhensible. De même que le succès n'est resté que national ; bonne chance pour le trouver en VOSTFR ou en anglais.

En tout cas, à titre personnel, je me tape toujours un max de barres pour n'importe quelle scène ; j'avais étudié la psychologie et ce film aurait pu m'aider à comprendre le comportement d'un individu psychiquement touché. En fait, tout ce qu'aurait dû faire Adaś, c'est simplement consulter un psy. Le message peut-être est là : la société, pour que ses habitants puissent vivre sainement, a besoin de psy, clairement en manque d'effectif. La société aura toujours besoin de psy.

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