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M. Pâte et la princesse Oeuf

Court-métrage d'animation de Hayao Miyazaki Animation et fantastique 12 min 20 novembre 2010

Dans un moulin à eau isolé vit une sorcière. Elle garde emprisonnée sa servante, une princesse qui est assujettie à toutes les corvées quotidiennes.

Une sorcière à l’appétit d’ogre (dont le physique rappelle notamment celui de Yubaba dans Le voyage de Chihiro) vit dans un moulin à eau perché à pic près d’une falaise. Un soir qu’elle se prépare une trentaine d’œufs au plat, l’un d'eux refuse de se casser. La sorcière affuble l’œuf récalcitrant d’une robe ce qui provoque l’apparition de jambes et d’yeux sur sa coquille. Si elle n'est pas dévorée, la pauvre princesse Oeuf n’est pas au bout de ses peines car elle devient la servante ou plutôt l’esclave de la sorcière qui la force à lui faire à manger entre autres tâches ingrates. Seule et triste, elle se fait un nouvel ami à partir d’une pâte à pain molle qui prend vie et « forme humaine » avec pour nez une pomme occupée par un ver et des grains de raisin pour les yeux. Les deux amis prennent la fuite à travers la campagne où des lapins paysans font les moissons. Parvenus dans la ville en fête mais toujours recherchés activement par la sorcière, ils se cachent dans un fournil où elle finit par les débusquer. La sorcière et l’Oeuf s’affrontent autour du corps de monsieur Pâte, pétri dans tous les sens et sous toutes les formes jusqu’à ce que la sorcière l’enfourne brutalement. C’est au moment où le roi et la reine Œuf font leur apparition que Monsieur Pâte devenu un géant sous l’effet de la cuisson s’extraie du four. Sous la pression du couple royal, la sorcière devra accepter de ne manger qu’un petit morceau de monsieur Pâte avant de partir en leur tirant la langue. Monsieur Pâte et la princesse Œuf peuvent partir ensemble et libres sur les routes ensoleillées.

Le studio Ghibli signe là un très beau court-métrage qui s’inspire des contes moyenâgeux européens en y ajoutant une touche personnelle. Une histoire, qui comme dans tout conte qui se respecte, n’est pas exempte de cruauté : la sorcière fait sa farine à partir d’os, elle asservie la petite Oeuf et son appétit féroce n’est pas prêt à renoncer facilement à monsieur Pâte. L’enjeu principal de survie des héros maintient en permanence le récit sous tension même si quelques situations graves sont désamorcées avec un peu d’humour grâce aux facéties du petit ver de pomme. Une touche de Cendrillon, une touche de Pincocchio (les transformations tiennent une place très importante dans l’histoire) rendent ce film sans dialogue très lisible. Les thématiques mais aussi les situations sont très parlantes à l’image. Quant à l’animation elle est superbe et très riche avec notamment beaucoup de personnages et de décors (l’immense moulin, les champs de blé, la ville). Chaque meuble, chaque objet chez la sorcière est vivant et se risque parfois à regarder autour de lui. Le choix d’une musique de Vivaldi réorchestrée par Joe Hisaishi inscrit bien le film dans l’époque de son action et illustre aussi efficacement les scènes mélancoliques que celles de la poursuite des héros par la sorcière. Un film rythmé, pour ne pas dire trépidant qui nous fait passer par toutes les émotions avant de nous laisser heureux de son dénouement.

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