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Decoding Annie Parker

Film de Steven Bernstein Drame 1 h 31 min 2 mai 2014

Annie Parker se retrouve confrontée à un cancer du sein. Bien décidée à se battre pour survivre, elle tente d'entrer en contact avec une généticienne.

Inspirée de faits réels, Decoding Annie Parker suit le parcours de deux femmes séparées par des milliers de kilomètres mais confrontées au même problème : le cancer du sein. D'un côté, l'Annie Parker du titre lutte contre la maladie qui a déjà emporté sa grand-mère, sa mère et sa soeur ; de l'autre, la généticienne de renom Marie-Claire King s'acharne à prouver que ce cancer est lié à un gène héréditaire. Rappelons que dans les années 70, époque à laquelle se déroule le film, les scientifiques n'envisageaient nullement que la maladie puisse être transmise de quelle manière que ce soit.

Nous rencontrons donc ces deux femmes au début du film et passons beaucoup de temps avec Annie Parker (assez finement interprétée par Samantha Morton). Annie Parker est une jeune femme assez délurée, bien dans sa tête et dans son corps, amoureuse, maman, mais terrifiée par la perspective de contracter un cancer comme toutes les femmes de sa famille. Annie et son second degré nous aide à dédramatiser la maladie et la mort. L'ouverture avec la citation "my life was a comedy, i just had to learn to laugh" donne le ton : nous naviguerons entre émotion et un certain humour - toujours très élégant. À côté de ça, Marie-Claire King nous apparaît uniquement dans ses bureaux et laboratoires. Son personnage et l'intrigue qui l'entoure n'a pour but que d'expliquer en quoi consistent la maladie et ses recherches. Les scènes entre elles et son équipe, en formes de brainstormings et vulgarisation médicale, permettent au spectateur d'assimiler des notions assez complexes de manière bon enfant, mais n'apportent finalement rien de très intéressant à l'histoire. Elles apparaissent plutôt comme une bouffée d'air, une pause dans la vie mouvementée d'Annie Parker. Le plaisir coupable du cinéphile réside davantage dans le côté "Qui Est-Ce" des membres de l'équipe que dans l'importance des scènes : comme souvent dans le cinéma indépendant américain, le directeur de casting s'est fait une joie de piocher dans les seconds couteaux des séries télévisées, et revoir (même brièvement) les visages de Ryan de Newport Beach, du Gooch de Scrubs ou encore de Maggie Grace, permet d'avaler la pilule.

On regrette qu'Annie Parker et Marie-Claire King ne soient jamais en contact l'une avec l'autre (on aurait aimé une collaboration entre les deux femmes) ; on regrette que la généticienne n'ait au final qu'un rôle utilitaire et qu'Helen Hunt ne puisse pas profiter du rôle pour en faire quelque chose de plus grand. On apprécie malgré tout les tranches de vie d'Annie Parker, véritable force de la nature, et de nombreuses scènes décalées très bien pensées (les scènes de funérailles, le dépistage frénétique dans le restaurant...). Malheureusement pour Steven Bernstein, son film sort alors que la série télévisée The Big C vient de se terminer, et tous les "passages obligés" du film (la découverte de la maladie, le combat, la rémission, la frustration du fils...) font échos aux scènes bien mieux écrites et bien plus touchantes de la série avec Laura Linney.

On se retrouve alors devant un film rempli de bonnes intentions, bien pensé, au look délicieusement rétro mais à l'arrière-goût de resucée. Un bel effort, utile pour mettre en lumière l'évolution des connaissances scientifiques, mais un peu trop sage et quelque part, sans grande prise de risque. Comme si The Big C et Dr. House (pour les brainstorming médicaux) avaient eu une fille et qu'ils l'avaient nommée Annie Parker.

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