Download in HD

Hell and Back Again

Documentaire de Danfung Dennis Action, historique et guerre 1 h 28 min 21 décembre 2011

Avec Nathan Harris, Ashley Harris, The Marines of Echo Company

En 2009, l'armée américaine lance l'assaut sur un bastion taliban dans le sud de l'Afghanistan. Dès l'atterrissage, les Marines sont attaqués de toute part. Engagé dans ce régiment, le réalisateur Danfung Dennis capture les évènements de manière viscérale. Il suit le parcours de Harris, jeune...

Hell and back again pourrait très certainement être sélectionné pour faire partie d’un programme de propagande contre l’impérialisme américain dans les quelques pays non alignés du globe (le Venezuela par exemple), tant le portrait de l’armée américaine y est peu flatteur.

Malgré les apparences, ce film n’est pas une œuvre viriliste et fascinée de plus sur les marines. Ce n’est pas non plus une œuvre à charge, traversée par des pointillés didactiques et dénonciateurs. Certains américains pourront recevoir ce film comme un « beau film », sans aucune charge critique, tandis que d’autres, ailleurs dans le monde, seront marqués par la cuistrerie et le total manque de réflexivité des marines qu’on nous présente. Extrait choisi, qui restitue bien les choses :

« We obviously believe in the cause of why we are there, we believe it with our heart. We want to defend the country until we die. We’re America. No matter what we’re gonna be successful. It’s just how much time it’s gonna take, how much money it’s gonna cost, ressources, stuff like that. It costs a lot. But our freedom is definitely worth it. The afghan people deserve it. They just live depression and horrible lives and that’s part of the culture. Talibans don’t want electricity, modernizations, any of that stuff cause they think it’s worldly un-god-like, like us, the infidels. (…) So they want stay living in mud houses with straw roofs and nothing to do but farm”.

Vous venez d’entendre le Marine Nathan Harris, quasi white trash, machoire démantibulée et patate dans la bouche façon hillbilly, demi-crétin soufflé de constater que ces barbares barbus, non seulement ne possèdent pas d’écran plasma – ils vivent dans des maisons en torchis et en toit de paille, les cons – mais n’en veulent même pas ! Ils ne veulent pas de la liberté : allez comprendre. Nathan Harris a eu la jambe gravement blessée en Afghanistan, et revient au pays pour une année de pénible rééducation. Il retrouve les joies des déambulations chez Wal-Mart, où l’on peut rêver sur les toutes dernières promotions d’imprimante-scanner jet d’encre et sur la puissance des zooms des derniers modèles d’appareils photos compacts. Badaudant dans son Amérique à lui, promené par sa petite copine blonde peroxydée, il montre ses fesses blessées à qui veut bien les voir – et aux autres. Ce pauvre bougre, engagé à dix-huit ans avec pour seule motivation « to kill people », se retrouve aujourd’hui demi-drogué et pleinement paranoïaque, blessé physiquement et surtout psychiquement par la guerre. Tandis qu’on l’entend expliquer sa passion virile pour l’armée, on le voit en slibard, sa copine l’aidant à mettre son pantalon comme s’il était encore un petit enfant.

Le film propose un montage alternatif : Nathan Harris est montré tantôt en convalescence, tantôt sur le terrain, en Afghanistan. Drôle d’armée que l’armée américaine, où chaque soldat porte sur lui 10000$ d’équipement, où la technologique et les machines permettent de toujours tenir à distance les opposants. Lors d’une attaque, tandis que l’infanterie résiste péniblement aux talibans, l’aviation américaine bombarde l’ennemi en un tir provoquant une déflagration sur cinq kilomètres. Du travail de pro. En face, on entend les soldats adolescents américains glousser comme s’ils étaient en plein LAN sur Call of Duty : « Wow, shit, this is the most badass shit ever » (sic). Les jeunes cowboys approchent les fermiers et bergers afghans pris entre deux feux avec la conviction naïve d’être les good guys venus pour les aider. Les réponses des culs terreux dépourvus d’écrans plasma sont parfois désarmantes : « if you are here to help, why do you do this to us ? ». Tu leur poses une colle, là. De leur propre aveu, ils n’ont aucune idée du sens de leurs objectifs. Si ce n’est le fait de se rapprocher de la plus belle des abstractions : la liberté.

Ps : le titre renvoie à http://youtu.be/MGQaH3-LK54

streaming film complet