Download in HD

M.A.L. : Mutant Aquatique en Liberté

Film de Sean S. Cunningham Action, Épouvante-horreur et science-fiction 1 h 45 min 13 janvier 1989

Avec Taurean Blacque, Nancy Everhard, Greg Evigan

Dans un avenir proche, la marine américaine a établi une base secrète dans les profondeurs de l'océan. Elle doit permettre d'explorer les fonds sous-marins afin de les coloniser et d'établir une base de missiles. Pendant l'exploration, l'équipage du Deepstar Six est attaqué. Démunis de tout moyen...

En 1989 différents films se tirent la bourre pour affirmer que sous l’eau, personne ne ne vous entendra crier. The Abyss de James Cameron en sortira vainqueur. Pourtant, au début de cette année riche en profondeurs DeepStar Six de Sean S. Cunningham (réalisateur de Vendredi 13) a tenté sa chance avec un aplomb assez convaincant (mais un titre français assez vaseux).

Une base sous-marine américaine doit installer une rampe de missiles sur une zone bien spécifique. L’équipe, composée de techniciens et de scientifiques, fait exploser une caverne par inadvertance. La menace qui en sort n’a guère apprécié le réveil.

Si la menace maritime est bien présente, ce n’est pas sur le seul registre que joue le film. L’erreur humaine, par maladresse ou lâcheté, joue aussi contre eux. Mais cette équipe est soudée, dans un esprit de corps assez bienvenu, où chacun s’adapte à la difficulté, ne laissant personne derrière eux. La seule personne qui le fera sera pourtant toujours intégrée aux décisions et actions du groupe. C’est un sentiment perceptible dès les premières minutes, où chaque personnage est catégorisé et inclus dans un rapport avec l’autre, de hiérarchie, d’amitié ou de sentiments amoureux selon les personnes impliquées. Il boit la tasse par contre avec son histoire d’amour, cliché au possible, qui laisse peu de doute sur la présence dans la liste des survivants des tourtereaux.

C’est un autre objectif qui se dessine grâce à ces personnages, celui d’en faire un film assez crédible. Malgré l’emploi de maquettes pour les scènes sous l’eau, celles-ci se montrent assez bien détaillées et bien utilisées pour qu’on veuille bien y croire. Les intérieurs de ces vaisseaux ou de la base semblent réalistes, entre ossature lourde et électronique bien utilisée. Même la créature s’intègre bien, son allure rappelle bien qu’elle est sensée provenir d’une époque plus lointaine.

Cependant, cette recherche d’un certain réalisme, ou à défaut d’un certain naturel, est à double tranchant. Le film prend du temps pour installer ses personnages et les faire apprécier et il se conclue par une poursuite de la créature au sein de la base qui manque parfois de finesse dans les péripéties mais malgré tout assez relevée. Et entre, consistant dans ce point de contact entre les Humains et la Bête, le film s’étire, dans une dilution de son suspense dommageable. Il aurait fallu couper, tant ces premiers rendez-vous sont parfois mollassons. La créature est encore invisible, mais pas sur les radars, mais le temps que peut mettre les personnages pour agir ou réagir est alors trop long.

C’est dommage, tant cette équipe sous-marine arrive à nous convaincre que le film a du potentiel, que cette équipe en est une, véritablement installée sous l’eau, en prise avec cette créature et ses propres choix. Mais le rythme oscille trop, affaiblissant les quelques moments de tension qu’il arrive à créer tandis que les personnages les moins intéressants sont ceux qui survivront. Le film est bon, mais ses défauts sont des ancres assez lourdes qui l’empêchent d’aller plus haut.

streaming film complet