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Viva Cuba

Film de Juan Carlos Cremata Malberti Drame 1 h 20 min 11 octobre 2006

Avec Larisa Vega Alamar, Albertico Pujols Acosta, Sara Cabrera Mena

Malu et Jorgito sont deux enfants qui se sont promis d'être amis pour la vie, bien que leurs familles se détestent. Quand la grand-mère de Malu décède et que sa mère décide d'aller vivre à l'étranger, Malu et Jorgito s'échappent jusqu'au bout du monde à la recherche d'un espoir pour leur amour....

"Viva Cuba" est partagé entre le film pour enfants et l'ode à un pays.

Dans le premier registre, qui n'est en aucun cas péjoratif, il me semble qu'il ne vise pas assez haut. Il ne dépasse jamais vraiment le stade de la production du type "téléfilm du dimanche soir", extrêmement lisse dans ses enjeux et dans ses descriptions. Aucune aspérité, vraiment, alors que l'aspect "conte" n'empêche pas d'introduire un peu de nuance, un peu d'originalité dans l'écriture des personnages englués dans leurs stéréotypes. On a envie de croire à l'histoire, à l'interprétation pleine d'entrain de la part des deux jeunes protagonistes, mais une vraie direction d'acteurs fait cruellement défaut : tout sonne faux. Et d'un point de vue artistique, la fin est plutôt ridicule, même à travers les yeux d'enfants d'un adulte. Elle est à la fois dure et détachée de tout contexte, comme si les auteurs se foutaient un peu de ce qu'ils donnent à voir... Sentiment étrange.

Pour le reste, on sent bien la volonté de dresser une sorte d'inventaire de l'identité de l'île cubaine : la vie à l'école, dans les rues, les paysages urbains et naturels, certaines coutumes parfois antagoniques, et bien sûr la diversité de l'île à travers le road trip au cœur de la narration. La diversité est aussi censée s'exprimer à travers les familles des deux enfants, avec d'un côté une famille bourgeoise très catholique, et de l'autre une famille plus populaire, ancrée dans l'idéal révolutionnaire. Mais ces deux portraits sont extrêmement superficiels, ils se contentent de très peu pour dépeindre les états d'esprit respectifs.

À de très rares moments, le film parvient à dépasser tous ces obstacles à l'appréciation et à illustrer l'amitié solide qui peut lier les enfants, en renvoyant dos à dos les deux mondes adulte et enfantin. Mais cela se fait, encore une fois, au prix d'une série de clichés parfois insupportables. Le thème de l'exil est tout autant traité de manière superficielle, avec une vague histoire de mère désirant quitter l'île. Le castrisme n'est quasiment jamais évoqué. On aurait aimé avoir une meilleure vision de la dureté du monde adulte, de son cynisme pragmatique, par opposition avec les perspectives offertes par le monde des enfants. Wes Anderson a probablement vu ce film avant de réaliser "Moonrise Kingdom".

[AB #155]

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