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La Table tournante

Long-métrage d'animation de Jacques Demy et Paul Grimault Sketches et animation 1 h 20 min 21 décembre 1988

Avec Pierre Tchernia, Paul Grimault, Lionel Charpy

C'est l'hiver et la neige tombe sur la campagne. Un ours, portant casquette et grosse écharpe jaune, marche vers une petite maison basse. Avant d'entrer, il salue comme il se doit un bonhomme de neige. C'est l'hiver, mais il ne fait pas froid puisque nous sommes dans une salle de cinéma et que...

1988, Grimault n’est plus qu’un vieil octogénaire fatigué qui revient sur sa carrière sous l’œil de la caméra de Jacques Demy, ses personnages s’animent le long de petites scénettes inutiles entrecoupées par la diffusion d’une grande partie de ses courts-métrages les plus fameux.

Toutes ces parties de présentation, lourdement didactiques et atrocement filmées vous donnent à l’ensemble une touche de variété télévisuelle absolument désagréable qui explique pourquoi j’apprécie moins généreusement le film que les courts qui le composent.

Parce que, heureusement, les courts sont pour la plupart charmants. Il y a tout d’abord la course du guéridon qui donne son titre à l’ensemble et vous connaissez mon faible pour ce meuble-là. Le Marchand de notes est un des plus faibles moments du film avec le fou du roi, seule création originale pour l’occasion. Suivront une balade en aérostat, ma foi, bien agréable, les aventures toujours plaisantes de l’épouvantail qui aimait trop les oiseaux, un voleur de paratonnerre poursuivit par les Dupondt et le modèle pour la Flûte à six schtroumpfs.

Oui, car si Grimault doit beaucoup à Disney et à Hergé il inspira bien au-delà du seul Miyazaki qui ne cesse de s’y référer. Ainsi, ces aventures d’un jeune troubadour arrêté au château fort d’un seigneur fort en gueule qui trouve une flûte magique obligeant les gens à danser a du marquer terriblement le génial Peyo, n’en doutons pas. En dehors de cela, le film est très réussi, ça barde pour le barde à coup d’hallebarde, dirait Guyness qui ne serait pas si loin de la vérité…

Dans le diamant, il y a du bon et du moins bon, on retrouve Prévert, le dessin perd de sa qualité, il y a une sorte de Dracula qui prend son sang à la station-service avant de s’envoler jeter des parapluies dans un coin paradisiaque improbable, on se rend compte qu’il manque souvent à Grimault le petit quelque chose en plus, la finition, un peu plus de rigueur, pour aspirer à être autre chose que le seul Français capable de faire proprement des dessins animés…

Il a parfois un peu trop tendance à se laisser aller au morbide aussi, comme dans cette histoire de marchand d’armes sorti de l’Oreille cassée qui subit les affres d’un Chien mélomane. Je préfère largement Le Petit Soldat, une histoire comme tant de vieux Disney, avec des jouets qui s’éveillent, des glaçons qui soutiennent et des corbeaux qui font peur.

Dans l’ensemble, la réunion de tous ces films n’a guère d’intérêt autre que la présentation de courts que vous trouverez facilement ici où là, n’hésitez donc pas à vous laisser tenter par les meilleurs, même si tout cela n’arrive jamais à la cheville du Roi et l’oiseau…

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