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Les Enfants de la ruche

Film de Hiroshi Shimizu (1) Drame 1 h 26 min 24 août 1948

Un soldat rapatrié du front rencontre un groupe de dix enfants orphelins. Obéissant à un escroc, ils survivent grâce au marché noir et à différents menus larcins. Le soldat décide d'emmener les enfants au foyer où il fut lui-même élevé.

Notes. Difficile de ne pas rapprocher les Enfants de la Ruche d'Allemagne année zéro, tourné la même année dans un pays réduit à zéro justement, ou presque. Une scène en particulier y invite, les ruines d'Hiroshima, mais ce n'est qu'une histoire de 'décor' et les entrées, les rapports au récit invitent plus aux différences qu'aux points communs. Ici, le récit avance comme par errance, avec sa grappe d'enfants et ce qu'elle va butiner dans ses rencontres. Finalement, dans une forme d'improvisation bien plus 'moderne' que l'écriture rossellinienne, sauf que ce non savoir sur l'avenir est ici moins bien réalisé par la mise en scène qui n'arrive pas à inventer un style à la hauteur de la tâche [Ex.: lorsque Yoshibo voit la mer pour la première fois, qu'il crie le nom de sa mère, nous sommes déchirés de douleur. Nous avons compris par une scène en amont ce qui lui est arrivé à lui et à elle. Malheureusement, de peur de ne pas être compris, Shimizu remet l'explication dans les secondes qui suivent, redondante cette fois-ci, et coupe la résonance de cette douleur quasi immédiatement.] Il y a aussi et surtout des restes d'angélisme, - un effet du groupe et de leur solidarité souvent, au demeurant souvent touchante - et un zeste de propagande (peu dérangeante, au demeurant) mais qui empêche d'accéder à la transcendance d'un personnage comme Edmund dans Allemagne année zéro. À la fois, issu de la douleur personnelle de Rossellini et devenant le cri d'une génération et d'un pays. Néanmoins, deux ou trois moments dans le film de Shimizu déchirent le voile : l'entame sur le quai de la gare et la distribution des pains aux enfants, la jeune femme revenant en haut de l'escalier d'Hiroshima pour voir Yoshibo partir (et la laisser à son sort et au sien...) et une montée de la montagne aussi poignante qu'un Golgotha, où la mort et la vie, le désespoir et la foi s'enlacent - geste interdit, puni peut-être et action sans témoin sauf nous, spectateur étourdi - avant de s'embraser dans les reflets de la mer au crépuscule et de l'horizon.

Autre rapprochement possible, celui avec le Chemin de la Vie, de Nikolaï Ekk, qui renvoie à un autre état du cinéma, début du parlant où le son est à inventer, ce qui n'est pas le moindre des problèmes ici également - puisque les conditions techniques renvoient aussi quelque part à cet état. Un point faible tout de même, à vouloir masquer l'absence de son direct par une ritournelle posée un peu en cache misère, une façon de dénigrer le silence... un silence qui s'imposait (mais se heurtait sans doute à une exploitation commerciale?)

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