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La Secte

Film de Michele Soavi Épouvante-Horreur 1 h 51 min 1 mars 1991

Avec Michel Adatte, Carla Cassola, Angelika Maria Boeck

Myriam, une jeune femme, renverse un vieillard en voiture. Il refuse d'aller à l'hôpital, mais accepte de se reposer chez elle. Il semble connaître la maison et lui fait part d'une mystérieuse destinée avant de s'éteindre. Bientôt, des faits étranges et sanglants se produisent dans l'entourage de...

Une jeune femme manque de renverser un vieillard en rentrant chez elle. Elle l'invite à passer la nuit chez elle. Malheureusement il a le manque de tact caractérisé de mourir chez elle, non sans avoir ouvert un passage secret dans sa cave. S'ensuit un cauchemar pour l'héroïne, qui se retrouve embarquée dans une sombre histoire d'occultisme. C'est en gros le pitch du film, mais il faudrait rajouter des dizaines de lignes pour raconter vraiment tout ce qui se passe dans ce film. La durée de celui-ci, anormalement longue pour une production de ce type, veut tout dire : La Secte est un gigantesque fourre-tout d'idées, mémorables pour certaines.

Idées de scénario d'abord. Sous des airs de rip-off de tout un pan de production horrifique mettant en scène une jeune femme aux prises avec une secte occulte, La Secte brasse en fait de nombreuses thématiques et, affublé d'un scénario tentaculaire, enchaîne les séquences souvent de façon décousue, au risque de perdre son spectateur. Le sentiment d'être déboussolé est compensé par la qualité d'écriture de ces séquences (la scène du métro par exemple) et concourt de toute façon à l'ambiance cauchemardesque de l'ensemble du film.

Idées visuelles ensuite : le film regorge de plans ingénieux et savamment dessinés, ainsi que de scènes horrifiques inventives et terrifiantes. La fameuse scène de rêve, souvent citée, est véritablement le point d'orgue visuel et thématique de l’œuvre, mais ce serait oublier la délivrance de l'enfant, ou encore le final dans les cendres, véritablement de toute beauté. La maestria de la mise en scène n'est pas sans rappeler celle du mentor de Soavi, le grand Dario Argento. La caméra détale au ras-du-sol à la suite d'un lapin, suit le parcours d'une eau corrompue le long des tuyaux de la maison, s'introduit dans une narine à la suite d'un insecte maléfique... Le surréalisme n'est jamais loin, et confère aux objets du quotidien une étrangeté que s'applique à perpétrer le metteur en scène.

La Secte se nourrit donc ses défauts (notamment le scénario qui aurait gagné à être plus concis, l'interprétation inégale des secondes rôles), pour consolider ses immenses qualités visuelles et sa force évocatrice. On les lui pardonne donc aisément, d'autant que, plus qu'un accident heureux, le film s'inscrit dans une parfaite cohérence dans la filmographie de Michele Soavi, qui dans des films comme Bloody Bird ou Dellamorte Dellamore, a fait, ou fera montre de ses intentions et de son talent.

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