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Ma femme est une sorcière

Film de René Clair Comédie 1 h 17 min 30 octobre 1942

Au XVI° siècle, un sorcier et sa fille avant d'être brûlés jettent un sort sur les descendants du juge Wooley, condamnés à être malheureux en amour... Au XX° siècle, Wallace Wooley va se marier, les sorciers réapparaissent, mais les choses ne vont pas se passer comme prévu...

Un mètre cinquante-et-un de charme et de sensualité, une voix lente et suave, et surtout une épaisse chevelure blonde lui couvrant partiellement le front et parfois l’œil, la pétillante Veronica Lake fut l’une des actrices les plus en vue dans les années 1940. Sa coupe de cheveux caractéristique, le "peekaboo", devint tellement populaire chez les femmes qu’elle occasionna de nombreux accidents d’usine durant la deuxième guerre mondiale, à tel point que l’on demande à Lake d’en changer – ce qui coïncida étrangement avec la fin de son succès et, incidemment, de sa carrière.

Avant de former un duo prolifique avec l’un des plus petits acteurs d’Hollywood, Alan Ladd (1.68 m – la taille idéale, je vous assure), elle tourne « I Married a Witch » en 1942 avec Fredric March, sous la direction du réalisateur René Clair.

Au XVIIe siècle, en Nouvelle Angleterre, la sorcière Jennifer est brûlée avec son père, après avoir été jugée par le pasteur Jonathan Wooley, non sans avoir eu l’occasion de lancer une malédiction héréditaire à son encontre : les descendants mâles de la famille Wooley ne seront jamais heureux en mariage.

En 1942, la foudre s’abat sur l’arbre qui avait été planté à l’emplacement du bûcher, libérant les esprits immortels de la sorcière et de son père. Tout heureux d’avoir été relâchés parmi le monde des mortels, ils décident de se venger des Wooley en la personne de leur descendant actuel : Wallace, favori à l’élection du gouverneur de l’état, qui s’apprête à épouser Estelle Masterson, l’abominable fille d’un puissant homme d’affaire dont le soutien est indispensable à Wooley…

D’une durée assez courte (77 minutes), le film constitue une comédie très agréable qui exploite assez habilement l’ajout de fantastique (ici, des pouvoirs magiques variés et assez omnipotents…) pour servir la comédie et donner lieu à des situations drôles. Il est par ailleurs intéressant de noter que dès que l’on donne des pouvoirs surnaturels à quelqu’un, l’une des premières idées qui vient est de s’en servir pour faire chier le monde – un objectif tout à fait honorable s’il en est.

Le film repose aussi largement sur les mignonnes épaules de Veronica Lake, qui joue avec délice une adorable garce, aussi bien à l’écran qu’en coulisses, d’ailleurs. Le rôle de Fredric March fut offert à Joel McCrea qui l’a refusé pour avoir déjà tourné avec Lake dans « Sullivan’s Travels », et ne s’était pas entendu avec l’actrice. Le scénario se reproduisit avec March, qui fut victime des facéties de la jolie blonde (qui lui assena notamment un coup de pied à l’aine hors champ, et se munit d’un poids de 20 kg caché sous son costume en prévision d’une scène où son partenaire devait la transporter).

« I Married a Witch » (ou, comme le surnomma finalement Fredric March, « I Married a Bitch »), constitue un agréable divertissement, une comédie gentillette et plutôt drôle qui exploite l’ajout de pouvoirs magiques pour créer des scènes comiques. Un passage incontournable pour les inconditionnels de la belle (et chieuse) Veronica Lake.

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