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L'Arbalète

Film de Sergio Gobbi Policier 1 h 30 min 14 novembre 1984

Avec Daniel Auteuil, Marisa Berenson, Alex Descas

Les drogués sont aux abois. Paris manque de came. Une fois de plus le Milieu "affame" les drogués pour faire monter les prix. Le trafic de la drogue est dominé par trois ou quatre bandes de loubards qui font régner leur loi. Le commissaire Rigault a deux cartes en main pour les vaincre : d'un...

Faut s'imaginer le producteur/réalisateur Sergio Gobbi passer devant une queue de cinéma pour The Warriors (Walter Hill) ou Defiance (John Flynn) et se dire que "nom de nom, ma qué pourquoi kon fait pas des films de gangs en France, ya tout, des terrains vagues, des coups de poing américain, des communautés louches !". Ni une ni deux, notre homme met en chantier L'Arbalète, polar sévèrement burné et pauvrement financé. La recette qui assassine toute ambition et qui arrose les plantes du ridicule : un esprit à l'américaine (comprendre, le cliché du policier US), le décor d'une France qui tire la gueule (salauds de gauchistes !) et trois ronds dans l'affaire (car Gobbi est surtout un investisseur). Pour le casting, même calcul : Auteuil joue les inspecteurs Harry du rayon charcuterie, Bozuffi (sobre, classe, comme souvent) reste droit dans ses mocassins même si la partition du gros faf qu'il a à jouer n'est pas de première fraicheur ("je suis sur qu'il y a plus de nègres ici qu'en Afrique") et Berenson est là pour donner une touche chic à l'entreprise, son perso ne sert STRICTEMENT à rien mais elle est en porte-jarretelles pendant que sur son visage se traduit la tristesse de passer de Stanley Kubrick ou Luchino Visconti à Gobbi Sergio. Revenons à nos moutons, une histoire de came, de guerre des polices (faut-il rappeler que les succès de La Balance et La Guerre des polices sont encore tout chauds ?), d'un Sous-doué qui dégaine son coupe-coupe comme Robert De Niro son flingue dans Taxi Driver de Martin Scorsese, qui écoute son wakos en mousse au bureau (Darty Harry), sort son gros calibre toutes les cinq minutes à l'aise dans son Rica Lewis bleu pétrole. A coté du cowboy, les arabes sont violents, les chinois sont fourbes, les nazis sont méchants et les noirs jouent du tam-tam et dansent en toute occasion même lorsque de la soupe F.M. passent sur leur auto-radio. Dans la "trilogie" Auteuil / polar 80's, L'Arbalète n'est ni un bon film (ça c'est L'Indic de Serge Leroy) ni le plus taré (ça c'est Les Fauves de Jean-Louis Daniel) mais le plus fièrement ringard. Même les longs moments de rien sont magnifiques, il y a toujours de quoi manger : un figurant pas crédible, une réplique qu'on a loupé, une mise en scène racoleuse... C'est con, ça fanfaronne, c'est du cinéma gourmand. J'adore.

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