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La Maison Hantée

Film de John Polonia et Mark Polonia Épouvante-Horreur 1 h 18 min

En s'installant à Wingate Road, l'écrivain Marty Beck pense trouver ce qui manque à son inspiration : une maison où les portes grincent, habitée par des chats noirs et pleine de macabres souvenirs. Ce qu'il rencontre le plonge au coeur même de ses romans fantastiques. Des fantômes, des visions...

Avant de débuter la lecture, il faut bien comprendre que cette critique est écrite sous l'angle du nanar... Ce film est excellent à tout point de vue pour autant que l'on puisse le regarder pour ce qu'il est : Un nanar assez gratiné, certes, mais réalisé (bricolé?) par deux amoureux de la série Z, les Frères john et Mark Polonia...

Laissez moi vous narrer cette incroyable visionnage...

Voilà comment tout à commençé...

Par une sombre nuit de printemps, accompagné d'un ami, je rendis dans mon bon vieux vidéoclub de village. En rentrant dans celui-ci, je fus irrésistiblement attiré par le rayon le plus obscur, celui qui se retrouve presque toujours à côté des films classés X... Et là, parmi toutes les jaquettes en images de synthèse monté par un stagiaire ou montages kitsch façon "copier-coller", nous fûmes attirés par une relique, une relique maudite qui aurait peut-être du rester cachée...

Il nous aura fallu à peu près 30 minutes avant de reprendre conscience...(la proprio du vidéoclub nous regardant d'ailleurs un peu bizarrement, attendant impatiemment de fermer boutique). Empoignant fébrilement notre objet de convoitise, nous nous dirigeâmes vers la sortie (en réglant le montant de la location, on est pas des bêtes...), rejoignant du coup la froideur nocturne et ses mystères...

Une fois de retour en ma chaude demeure, un verre de cognac à la main (un peu d'élégance, que diable), je me mis à examiner la jaquette de cette étrange étui portant le nom de THE HOUSE THAT SCREAMED aka La maison hantée

Il s'agissait d'une jaquette DVD assez sobre en mauvaises CGI, restant cependant de bonne facture par rapport au contenu de la galette (excepté que la maison du film s'avérera un peu plus modeste...)

Contexualisons la raison de notre attrait pour ce film sur base du visuel de cette dernière :

La première, c'est que les films de maisons hantées se succèdent les uns après les autres depuis de nombreuses années et que les accroches se font toujours plus fortes : Après les maisons hantées par un fantôme (Amityville, ...), celles hantées par plusieurs fantômes (13 fantômes, le manoir hanté et ses 999 fantômes,...). Les réalisateurs se sont dits qu'il fallait faire ENCORE PLUS FORT !!! Résultat, on nous annonce triomphalement 1000 démons... un de plus que pour le manoir ou jouait Eddie Murphy!!! Quoi que... avec lui en plus ça faisait déjà 1000 mais on va pas chipoter...

La deuxième, c'est que le scénario nous a semblé tellement clichetonneux que nous nous demandions quels inénarrables secrets (ficelles?) permettaient de combler les 90 minutes d'horreur annoncées.

Mettant la galette dans le lecteur, calés dans le fauteuil de notre lugubre salon vide et sombre, la pluie ruisselant le long de la fenêtre et le verre (rempli) à la main, nous avons découvert un nouveau monde d'horreurs...

Le film nous présente Marty BECK, un écrivain à l'air constipé et dépressif, du style Stephen King du pauvre, qui décide d'aller louer une maison hantée afin d'y écrire son prochain bouquin qui traite justement de spiritisme. Il pense que cela attisera sa créativité, j'applaudis pour le professionalisme... Nous apprendrons également que sa femme et son enfant sont morts au travers d'un flashback en mousse composé d'un stock-shot de maison en flammes suivis d'un cri déchirant et d'un rire de gosse... Le souci reste que Marty BECK souffre apparemment d'un gros problème de constipation chronique ainsi que d'une étonnante paralysie faciale n'ayant rien à envier à un Steven Seagal en mousse.

Marty arrive dans une ville particulièrement paumée (pire que dans l'antre de la folie qui, lui, reste un excellent film...) mais vachement bien entretenue... et où apparemment vivent seulement 5 personnes (un expert immobilier ringard, un vieux jardinier sénile fan de ses bouquins, un menuisier aveugle ressemblant un peu à Albert Wesker de Resident Evil pour les connaisseurs, une nympho qui joue de ses charmes touts... relatifs... et un garagiste moustachu particulièrement cabotin). Ce dernier est en fait l'un des réalisateurs du film, John POLONIA. Et tout devient déjà beaucoup plus clair...

Bien sûr le promoteur va louer une maison hantée à Marty! Toutes les agences en ont toujours une en stock, on ne sait jamais... Celle-ci se révèle en fait être un simple pavillon de banlieue tout ce qu'il y a de plus banal et situé en plus dans un quartier résidentiel désert...

Démarrant de manière assez molle (mais avec un plan nichon sous la douche répété tout de même deux fois dans les cinq premières minutes du film), The house that screamed possède un potentiel nanar assez régulier et intense, ce qui fait que l'on ne s'y ennuie que très rarement en attendant l'apothéose finale...

L'intro tout d'abord... Le film commence en effet très sobrement : titre en blanc sur fond noir... Image d'éclair et hop... Ca démarre fort car celui-ci est déjà un effet au synthé 100%. Il faut savoir que le potentiel de the house that screamed réside en grande partie dans la piste sonore. Tous les effets sont en format Midi et rappelleront à tous l'époque des salles d'arcade durant les années 80... On est donc régulièrement asséné d'une sirène Bontempi ayant je suppose comme fonction à nous dire quand avoir peur....

Et là le spectacle commence... Vous avez droit à un superbe texte qui défile et nous explique en gros que tous les mystères de la vie ont été résolus à part un seul : La vie après la mort! Je ne peux que conseiller le doublage français qui fait un effort pour appuyer le sérieux de cette introduction avec une intonation des plus graves (le reste du casting vocal valant également le détour)....

Bref, l'intro se perd ensuite dans de vagues considérations pseudo-scientifiques dont on se passerait bien...

Vous aurez ensuite droit à une jolie présentation de la maison hantée toujours sur fond de musique bontempi avec pèle-mêle des petites séquences abstraites montées par un épileptique avec au final le suicide d'une pauvre fille qui se met un flingue en plastique faisant un bruit de pétard pirate dans la bouche, tire hors champ... et éclabousse la fenêtre de la maison d'une cuillerée à soupe de ketchup (ou de pesto vu la couleur... verdatre?) en décalage de 5 secondes par rapport à la détonation! (en V.O et en V.F pour les puristes)

Les frères Polonia sont de véritables Mac Gyver du cinéma moderne. Pour faire peur à leur public, ils utilisant toutes les astuces montage du cinéma d'horreur en compilant tout ce qui a déjà été fait de manière compulsive : Des gens qui agitent leurs bras dans un épais brouillard, une poupée avec de la corde autour de la tête, un gars avec des dents de vampire en plastique, un mur se fissurant, une chaise bougeant toute seule... On dirait parfois la fameuse vidéo maudite de "the ring" en version low-cost et monté par Michael Bay sous coke...

Nous aurons également droit à une scène de sexe entre notre héros et la nympho du village!!! Le seul problème ici, c'est que le choix des réalisateurs s'est révélé plus que hasardeux quand au choix de l'actrice... Et il faut la voir se frotter contre la poutre de la véranda, aguicher notre héros qui restera de marbre tout du long.... Et pourtant elle essaye de le chauffer mais ça n'aura pas beaucoup d'effet. On sent bien qu'il est pas consentant... pas folle la bête!

Elle réussira cependant à l'amener jusqu'au lit grâce à une drague tout en douceur et des répliques du style "Je veux te sentir en moi!!!", "Baise moi Marty",... Un grand moment de romantisme et de la séduction haut-de-gamme...

Point de plan nichon ici!!! Juste une vue sur les bras gigotants et la tête de notre nympho de service servie sur un mauvais solo tout pourri de guitare (On dirait d'ailleurs que le musicien est assis sur le lit car le rythme foire à chaque va-et-vient de la fille, décridibilisant définitivement cette scène...) et nous faisant regretter les meilleurs moments érotiques moites de "Hollywood Night" dans les années 90...

Au cours des ébats, elle va se métamorphoser en... tartine à la confiture de groseilles... Ce qui va bien sûr faire très peur à Marty qui se rendra compte par après que ce n'était qu'un rêve et hurlera un bon coup 20 secondes après son réveil brutal (faut le temps que ça monte au cerveau). A noter que l'acteur en VF sera alors doublé par une femme lors du hurlement... Choix artistique?

Toujours dans le trip confiture, nous découvrirons qu'un ancien occupant de la maison s'est crevé les yeux suite à l'horreur ressentie!!! Et je vous laisse la surprise de leur conversation qui se finit par la fuite de Marty... qui est peut être hyperglycémique... Nous n'en saurons pas plus...

Mais THE HOUSE THAT SCREAMED, c'est aussi :

Des petits bruitages au format midi imitant un violon avant chaque apparition (pour bien vous faire comprendre quand vous devrez avoir peur!) C'est d'ailleurs bien utile car jamais je n'aurai deviné tout seul!

Des acteurs aussi expressifs que des mannequins de turkish star wars en mousse... Mention spécial à Bob Dennis qui est particulièrement inexpressif et qui ne fait même pas l'effort de faire semblant d'avoir peur, son air dépressif laissant à penser qu'il tourne suite à un pari perdu avec les frère Polonia...

Un affrontement paranormal incroyable entre une bête poupée barbie et notre héros où celui-ci fait semblant d'être agressé et la noie sauvagement dans l'évier avant de la balancer à la poubelle comme de si rien n'était...

Une partie de sonnette effectuée par... "la mort" (attention travelling pourri en accéléré!) qui n'a rien trouvé de mieux pour emmerder Marty quand il est dans son bain... Comme quoi on peut être la mort et avoir le sens de l'humour!!!

A des stock-shots de vieux documentaires sur la guerre de sécession (Incohérence totale mais servant à donner un côté historique?)

A un final totalement invraisemblable avec notre héros en roue libre...

A la mort du garagiste-réalisateur façon grand guignol (Et ça défoule mine de rien...)

Ce film flotte dans une douce aura nanarde qui amusera sans nul doute grands et petits! A noter qu'un "The house that screamed 2" est également sorti Et il s'annonce digne de son aîné!

Pour ceux que ça intéresse John POLONIA a également réalisé Feeders 1 et 2 qui sont du même niveau et parlent cette fois d'extra-terrestres... No comment au vu des screenshots que j'ai déjà trouvés sur le net.

Il profite d'ailleurs de ce film pour faire sa propre publicité vu que notre héros est censé en être l'auteur! A noter que "Feeders" sera bizarrement traduit par "Frayeurs" dans la version française... Une édition DVD réunissant les deux films se vend sur le net et je compte bien mettre la main dessus très prochainement...

Malgré cette foultitude de détails, je n'ai fait qu'effleurer la moelle nanarde de cette oeuvre que je ne peux que vous conseiller vivement... Ca vous changera des nanars volontaires "formatés et insipides" (Oui Sharknado, je te regarde...) et vous fera revenir au bon nanar bio produit avec les moyens du bord et surtout une authentique passion (même si je doute plus que sincèrement du seconde degré de l'oeuvre)...

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