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Les Chasses du comte Zaroff

Film de Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel Aventure et thriller 1 h 03 min 16 septembre 1932

Avec Joel McCrea, Fay Wray, Robert Armstrong

Seul survivant d'un naufrage en mer des Caraïbes, Robert Rainsford, chasseur de fauves réputé, parvient à atteindre une île. Celle-ci est habitée par le comte Zaroff, un riche Russe qui a fui la Révolution. Le nouvel arrivant retrouve deux survivants d'un précédent naufrage, Eve Trowbridge et son...

La nouvelle du romancier Richard Donnell The most dangerous game a connu au fil du temps de nombreuses adaptations, dont une très récemment en bande dessinée, mais aucune n'égale dans sa poésie visuelle et sa densité narrative Les Chasses du Comte Zaroff que réalisent Ernest B. Schoedsack et son équipe en 1932. Ils profitent du décor qu'ils ont à leur disposition pour réaliser parallèlement King Kong, autre classique du cinéma fantastique.

Île, château, forêts et marécages Tous les ingrédients du film d’aventures sont réunis ici : une île comme décor principal, un château habité par des personnages inquiétants, une jeune femme retenue prisonnière et une course poursuite à travers jungle et marécages. Joel McCrea y incarne le héros, Robert Rainsford, un chasseur de fauves à la réputation internationale confronté à Zaroff, un Russe en exil dont le raffinement apparent contraste avec la noirceur de l’âme. Pour tuer l’ennui de sa retraite, le Comte fait échouer délibérément des navires sur son île et transforme les éventuels rescapés en gibier de luxe.

Partie d’échecs dans la jungle Le duel entre l’Américain et le Russe structure le récit. Comme Zaroff le formulera lui-même en évoquant sa future confrontation avec son rival, c’est à une partie d’échecs à laquelle on assiste. D'un côté le camp blanc où Rainford et Eve, vêtus de blanc, représentent le couple royal. A leur côté, Martin, lui aussi prisonnier du Comte, fait figure de bouffon avec ses propos d'ivrogne. A leurs trousses, l’armée noire. Zaroff en tête, maître absolu des lieux, encadré de ses deux tours fidèles (Ivan et Tatar) et précédé d'une horde de pions (ses dogues dressés pour tuer).

Zaroff, un personnage ambigu L'action quant à elle fait la part belle aux pièges, traquenards et entourloupes que les deux rivaux se tendent. A ce petit jeu, le Comte n’est pas le chasseur hors pair qu’il prétend être et de fait, le roi n'est pas la pièce la plus puissante du jeu. Zaroff affiche d'ailleurs bien plus de faiblesses que de forces, préférant même changer les règles du jeu en cours de route (il troque son arc contre un fusil) et s’appuyer davantage sur ses auxiliaires que sur ses piètres qualités de chasseur. Un personnage complexe qui aurait sans doute mérité davantage d'approfondissement si le film n'avait pas été si court (1h18).

Un joyau expressionniste Si le film de Schoedsack peut laisser le spectateur d’aujourd’hui sur sa faim en matière de rythme et de péripéties, il s’avère être en revanche d’une grande réussite formelle. Les intérieurs de la forteresse répondent à une architecture atypique qui n'est pas sans rappeler les demeures d’autres grands films expressionnistes (Frankenstein, Nosferatu…). Dans ce même ordre d'idée, on remarquera l'aspect caricatural de certains personnages comme Tatar et Ivan, les sbires de Zaroff. Quant au comte, adepte de grimaces et haussements de sourcils ostentatoires, il est à ranger parmi les meilleures figures maléfiques du cinéma des années trente aux cotés de M. le maudit ou du docteur Mabuse. Enfin, l’extraordinaire travail sur la photographie confère aux scènes de chasse une poésie fantastique qui à elle seule mérite le visionnage.

Personnages/interprétation : 8/10 Histoire/scénario : 7/10 Mise en scène/photographie : 8/10

8/10

Critique à retrouver sur le Mag du Ciné

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