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Portrait d'un criminel

Film de Hideo Gosha Drame 2 h 08 min 26 octobre 1985

Avec Ken Ogata, Atsuko Asano (1), Takuzo Kawatani

Dans le Japon en crise de 1949, cavale et déchéance d'un criminel, tiraillé entre deux femmes et subissant des conditions sociales difficiles... Portrait d'un criminel (Usugesho) est un film japonais réalisé par Hideo Gosha, sorti en 1985. Inspiré d'une histoire vraie du Japon d'apres guerre,...

Portrait d’un criminel s’inscrit dans la droite lignée du cinéma japonais eighties, puisant son énergie structurante dans l’exploitation pur jus remise au goût du jour dans une vision disons plus psychologique et moins méthodique.

Hideo Gosha n’a jamais été un cinéaste du second degré, il est rare de le voir prendre un regard distant dans le traitement de ses sujets. C’est sans doute dans ce domaine que ce film pêche. Tellement sérieux et finalement formulatique, qu’il finit parfois par manquer de ressources. Même si le portrait de cet assassin ne manque pas de panache dans son maniérisme, on retrouve le style de l’auteur de multitudes de très grands films, tranché, ambivalent et d’une grande complexité quand au traitement de ses personnages, la plupart du temps, des loups solitaires qui évoluent dans un monde qui les dépasse, il se perd parfois dans une lenteur qui ne lui rend pas toujours service. Loin de moi l’idée de remettre en cause le style contemplatif tout à fait japonisant qui fît les plus grandes œuvres des meilleurs auteurs nippons, mais il faut le dire clairement, le film aurait gagné à durer moins longtemps.

La première partie est très intéressante, montrant l’évolution de ce personnage, admirablement interprété par un Ken Ogata, froid et minimaliste, sans doute désabusé..., dans un Japon d’après-guerre qu’il faut difficilement reconstruire. Ses rapports au monde du travail, souvent pénible et usant, son rapport à ses contemporains, il se met aisément du côté des opprimés et des plus faibles, lui qui cache un horrible secret ne le mettant absolument pas dans la peau du héros prenant faits et causes. C’est dans cette voix là que Gosha nous entraîne dans une vision noire et sans limite. Car c’est dans cette noirceur permanente que le film tire toute son énergie et sa beauté morbide.

Avec une demi-heure de moins, la fin se traîne parfois en digressions, le film aurait été laissé pour ce qu’il est au final, le portrait psychologique d’un monstre à visage humain. Malgré ce fait, il reste parfaitement réalisé et typiquement Goshien dans son traitement désabusé en forme de froid constat.

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