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Les Démons du maïs

Film de Fritz Kiersch Thriller et Épouvante-horreur 1 h 33 min 9 mars 1984

Avec Peter Horton, Linda Hamilton, R.G. Armstrong

Galtin, une petite ville du Nebraska, est le théâtre d'une horreur sans nom, lorsqu'un jeune prédicateur charismatique de 12 ans, Isaac, avec l'aide de son âme damnée Malachi, convaint les enfants d'assassiner tous les adultes. Ses ordres démoniaques sont exécutés, les jeunes se retrouvent alors...

Adaptation de l’œuvre de Stephen King, qui n’a d’ailleurs pas du tout apprécié que Fritz Kiersch, dont c’était la première réalisation, malmène son œuvre, Les démons du maïs est le premier volet d’une série nous plongeant en plein cœur du Nebraska pour suivre un groupe d’enfants soumis à une entité mystérieuse leur ordonnant de tuer tous les adultes. Franchise qui comptera 7 films, la France décidera malheureusement d’arrêter de commercialiser cette série dès l’épisode 4. Des références à cette histoire, il y en a eu pas mal comme par un exemple un épisode spécial Halloween dans la série Les Simpsons (Treehouse of Horror XVII). Les démons du maïs fait un peu partie de la culture pop. Pas très à l’aise en regardant l’angoissant Cujo ? Attendez-vous à subir la même chose. Quoique…pas tout à fait la même chose…

Un film qui va vous dégouter du pop corn

Les démons du maïs (rebaptisé Children of the corn), ou Horror Kid dans sa version originale, c’est une petite série B sympathique au doux parfum de nanar. Mise en scène plutôt efficace dans un lieu campagnard, c’est surtout du coté de l’ambiance et de l’histoire que c’est le plus captivant. Tout d’abord la musique, à l’image de la tension que l’on ressent dès les premières minutes. Musique démoniaque, inquiétante et terrifiante, accompagnée d’un chœur d’enfants histoire d’accentuer leur mise en valeur dans cette intrigue. Ca fait son petit effet.

Les premières minutes n’y vont pas de mains mortes avec nous en nous montrant une séquence de tueries dans un bar où les adultes prenaient tranquillement leur petit déjeuner comme chaque matin. Une horreur sans nom, faisant froid dans le dos (pour ceux qui ne sont pas habitués aux films de ce genre), même si ça ne fait pas très crédible et kitsch à souhait. Franchement, entre nous, quel adulte arriverait à se faire maitriser par des gosses pas plus hauts que trois pommes et freluquets? Avouez que c’est plutôt comique ? Alors voila, dès l’introduction, on remarque plusieurs choses : l’image est terne et elle le restera jusqu’à la fin, quelques petits effets de caméra comme l’intelligence de filmer parfois à la troisième personne mais ça fait vraiment très série B, on sent que le réalisateur n’a pas eu l’intention de mettre beaucoup d’argent dans sa production. A noter la charmante présence du monologue d’un des jeunes garçons de la secte qui nous racontera comment tout à commencé puis son ressentis, son désire d’échapper au culte démoniaque d’Isaac.

On ne va pas pour autant décrocher, même si le sentiment de lassitude se fera ressentir un peu trop souvent mais néanmoins, on se posera suffisamment de questions pour avoir envie de continuer et laisser sa chance à ce film. D’où est venue l’idée aux enfants de tuer tous les adultes ? Pourquoi s’installent-ils au milieu d’un champ de maïs ? Qui est ce mystérieux garçon semblant les commander ? Quelle est cette entité qu’ils vénèrent ? Je ne vous fais pas un dessin, on est tous des curieux en puissance, on ira jusqu’au bout de la projection. Ceux qui ont vu Cujo se rappelle très bien que le coté huis clos avait provoqué en eux une petite sensation de claustrophobie. Pour Les démons du maïs, c’est un peu la même chose et pourtant, nous sommes dans un lieu ouvert. Mais l’ambiance, la musique, sont tellement angoissantes, tellement pesantes, qu’on se sent par moment étouffer. Malheureusement, contrairement à Cujo qui était efficace sur tous les plans, notre film ne brillera pas comme lui, et surtout pas du coté de l’interprétation des acteurs.

Après ça, vous ne verrez plus les enfants de la même manière…

Dans Les démons du maïs, on retrouve une tête connue : Linda Hamilton qui, quelques mois plus tard, combattra le Terminator dans le film du même nom. L’actrice s’en sort plutôt pas mal. Charmante, le seul point négatif c’est quelle tombe par moment dans le cliché de la femme qui ne fait que hurler de terreur. Le mono expressif Peter Horton qui joue quant à lui le rôle du mari, qui tente tant bien que mal de sa la jouer héros du film, médecin de profession, le chevalier servant qui vient délivrer sa belle des griffes des vilains enfants armés de fourches, faucilles et couteaux (l’attirail des amish quoi) tout en leur faisant un brin de moral (ce n’est pas bien de tuer, aucun dieu n’ordonnerait de tuer qu’un enfant tue ses parents). Pour le coté moralisateur, on ne va pas dire que le personnage à tord, bien au contraire, il censé, et essaye de faire prendre conscience aux enfants qu’ils sont devenus complètement fous. Ses quelques échanges avec les enfants seront bien écrits.

Pour les acteurs et actrices interprétant les enfants et adolescents, là, c’est pas terrible. John Franklin qui interprète le rôle d’Isaac, le chef des enfants est ridicule. Le look amish, psychologiquement dément, la tête à coller des claques (si possible, des revers de la main) de petit morveux de 17 ans qui se la joue gourou, la petite raie sur le coté à la Mister Bean. Il y a un truc qui cloche, qui met mal à l’aise avec cet acteur, il a les traits de visage d’un vieil homme. Voila qu’en plus notre petit homme fait ses petites crises (surement parce qu’il n’a pas eu son gouter à l’heure) parce que c'est le chef et qu'on doit lui obéir que diable!

La palme du mauvais gout revient à Courtney Gains qui interprète Malachi, le second d’Isaac, son exécuteur psychopathe et fanatique, le cliché de la grosse brute sans cervelle et en plus…il est roux ! Cette bande de gosses hyper cathos dans le mauvais sens du terme sont une véritable secte qui en choquera plus d’uns. Le coté pervers et voyeur de la chose : on en vient à s’amuser lors des courses poursuites voyant le personnage de Burt, tenter d’échapper à une dizaine de gosses armés. Un nanar ne serait pas un nanar sans ses invraisemblances, ses fautes de gout, ses effets spéciaux tout pourris et son histoire très légère.

Ses incohérences, ses sales gosses et son dieu du maïs

La ville de Gatlin qui est abandonnée depuis plus de trois mais, on ne sait pas pourquoi, aucun policier n’y a fait un saut. Et c’est quoi cette bêtise de laisser vivre un vieux mécanicien pour au final le tuer parce qu’un étranger lambda lui a adressé la parole ? Ne parlons pas non plus du chemin emprunté par le couple. Le cliché. Un chemin qui respire la confiance, et l’autre non, carrément pas (quel genre d’ahuri va traverser un champ de maïs en voiture ?). Et bien ce couple va…choisir le chemin qui n’est pas rassurant bien entendu. Et après ça va se plaindre des conséquences! Je ne vous parle même pas du moment où vous verrez enfin physiquement l’entité que tous les petits nenfants vénèrent. A pleurer…de rire. Oui parce que ce film, il faut vraiment le prendre comme ce qu’il est vraiment, du nanar qui fait rigoler par tant de sottises. Vous savez le plus comique autour de ce film ? Il a eu un succès inattendu, a obtenu le prix du meilleur film fantastique au festival international du film fantastique de Bruxelles en 1984 et même été nominé au festival d’Avoriaz en 1985. Pas sûr qu’à notre époque, le film est eu autant de chance.

Au final, univers malsain et étrange, meurtres violents mais suggérés, histoire mystérieuse et intrigante, musiques et ambiance angoissantes, un délicieux soupçon de fantastique mais effets spéciaux trop datés, jeu d’acteur de correct à médiocre, histoire sympathique et parfois incohérente, Les démons du maïs est très kitsch, alterne les séquences réussies et fun mais ça manque trop d’émotions et l’histoire est tellement mal foutue avec une fin tellement ratée qu’on ne peut pas dire que le film soit réussit. Ca méritait mieux.

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