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The Pervert's Guide to Cinéma

Documentaire de Sophie Fiennes 2 h 30 min 6 octobre 2006

Avec Slavoj Zizek

Le guide du cinéma du perverti (The Pervert's Guide to Cinema) amène le téléspectateur sur un voyage exaltant traversant certains des meilleurs films jamais réalisés. Comme présentateur et guide se trouve le charismatique Slavoj Zizek, philosophe et psychanalyste Slovéniain. Avec une approche...

J'abhorre la psychanalyse car, simple littérature psychologisante, elle s'impose religion de l'interprétation, c'est-à-dire qu'elle affirme des interprétations bien circonscrites avec autorité : toute remise en question de l'Œdipe ou de la horde primitive ne peut être que la preuve d'une incrédulité qui prend sa source dans l'incompréhension et l'imbécilité. Plus encore que les psychologues, les psychanalystes sont les grands prêtres de la modernité, qu'on convoque à tout sujet.

Ce film était donc fait pour un « pervers » comme moi : un psychanalyste, et pas des moindres, l'un des plus péremptoires et exubérants, Slavoj Zizek, qui commente un ensemble de classiques du cinéma sous la forme d'une compilation et d'un « guide », cela promettait de grands moments... Je n'ai pas été déçu du voyage. Voici mon petit best of des interprétations les plus fumeuses du psychanalyste :

Sur les Oiseaux d'Hitchcock : "Donc, pour proposer une lecture psychanalytique, les violentes attaques des oiseaux sont des manifestations explosives du Surmoi maternel, de la figure maternelle qui s'oppose, ou tente de s'opposer à la relation sexuelle. Les oiseaux représentent l'énergie incestueuse à l'état pur."

Sur Vertigo d'Hitchcock (et à propos du relookage de Judie) : « Dans le cas présent, la violence du remodelage brutal de Judy, une femme réelle, ordinaire, en Madeleine. C'est vraiment un processus de mortification, qui est également la mortification du désir de la femme. C'est comme si, pour la posséder, la désirer, pour avoir une relation sexuelle avec elle, la femme, Scottie devait la mortifier pour en faire une femme décédée. C'est comme si, encore, dans l'économie libidinale masculine, pour paraphraser un proverbe bien connu, une bonne femme est une femme morte. »

A propos de Dark Vador : « Sa respiration profonde est celle du père, le père freudien, primordial, ce père surpuissant obscène, celui qui ne veut pas mourir ».

A propos des comédies musicales soviétiques : « Les films préférés de Staline étaient les comédies musicales. Pas seulement hollywoodiennes, mais aussi soviétiques. Il existe toute une série de ce qu'on appelle des comédies de kolkhoze. Pourquoi? On devrait trouver cela étrange, Staline, qui incarne l'austérité et la terreur communiste, aime les comédies musicales. La réponse est encore la notion psychanalytique du Surmoi. Le Surmoi n'est pas seulement la terreur excessive, l'injonction inconditionnelle, l'exigence du sacrifice absolu, c'est aussi l'obscénité et le rire. »

Voilà donc pour le meilleur. Mais, amateurs de banalités, rassurez-vous, vous en aurez également pour votre compte. Zizek ne manquera pas de rappeler les poncifs habituels de la pensée qui tourne en rond : le fantasme devient cauchemar quand il est atteint, la vrai terreur, ce n'est pas la mortalité mais l'immortalité, et cetera.

Cerise sur le gâteau, la liste de films commentée est prévisible au possible. En bon intellectuel masturbateur, Zizek est fan de David Lynch, sur lequel il passe la moitié du film. En bon intellectuel masturbateur, il peut passer des heures à pérorer sur la profondeur symbolique de Vertigo. Et, en bon intellectuel masturbateur, il n'oublie pas de trouver des significations aussi cachées que profondes à des purges décérébrées comme Matrix, Fight Club ou Star Wars Episode III: Revenge of the Sith .

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