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Star Trek : Insurrection

Film de Jonathan Frakes Science-fiction 1 h 43 min 11 décembre 1998

Avec Patrick Stewart, Jonathan Frakes, Brent Spiner

Les pacifiques Ba'ku, au nombre de six cents, vivent depuis plus de trois cents ans dans un village idyllique, le Carre de Bruyere. Ils ont renonce au monde moderne et a la technologie en faveur d'un mode de vie agraire et equilibre. Mais, parce qu'ils ont decouvert le secret de l'eternelle...

J'ai longtemps laissé traîner cette critique avant de m'y lancer. Bien qu'ayant apprécié cet énième épisode de la saga Star Trek, ce n'est pas celui qui m'inspirait le plus une critique. Il n'y avait pas spécialement de points positifs ou de points négatifs sur lesquels j'avais envie de m'étendre dans une rédaction.

Pourtant, je suis sorti de mon visionnage enthousiaste. En effet, point de déception venant cet épisode, puisque sa réputation n'était pas spécialement alléchante contrairement à celle du précédent. Sur le moment, j'avais une forte envie de m'exprimer pour montrer que je l'avais préféré à Premier Contact !

Insurrection raconte l'histoire d'un peuple, les Ba'kus, vivant sur une planète idyllique a l'incroyable vertu permettant d'interrompre le vieillissement. Mais cette planète attise bien évidemment les convoitises, et divers groupes souhaitent s'en prendre aux Ba'kus pour les déloger. (Personne n'a songé à leur dire qu'ils pouvaient tout simplement s'installer à côté, la planète est grande hein, mais chut). Picard et sa team décident de faire les justiciers solitaires, et de s'occuper de la défense des Ba'kus sans l'accord de la Fédération.

Ce pitch, résumé de cette manière, parait très simpliste, et il l'est assurément. Mais il m'aguiche, car j'aime bien ces histoires de mondes merveilleux et les questions qu'elles peuvent soulever, pour peu que ce soit traité intelligemment. Dans ce Star Trek IX, le traitement est assez efficace. L'histoire nous est amenée progressivement, tout en mystères et interrogations, qui seront résolues petit à petit pour nous faire comprendre tous les enjeux. A travers cette planète, on en apprend un peu plus sur le fonctionnement de l'univers, sur son Histoire avec un grand H, ce qui est toujours plaisant et conforte l'aspect "exploration" et "découverte" essentielle dans la série Star Trek. Néanmoins, on regrettera que ça n'aille pas beaucoup plus loin que les aspects centrés immédiatement sur le synopsis.

Il y a dans ce script des ébauches de réflexions sur la jeunesse et sur la colonisation. Mais alors qu'on aurait pu soulever des débats très intéressants (à la manière de cette discussion autour d'une table sur la guerre et la paix dans le sixième épisode), ici on restera en surface. Picard et l'Enterprise sont des True American Heroes, alors ils défendent ceux qui vivent sur place, car c'est ce que la morale veut. Ca ne me dérange pas, mais j'aurais aimé un approfondissement.

Pour le reste, le développement de l'intrigue et de l'action est intéressant. Le méchant extra-terrestre, incarné par un F. Murray Abraham charismatique, représente une bonne menace, et on est toujours intéressé à l'idée de connaître le fin mot de l'affaire. Les scènes d'actions spatiales sont pour la première fois intégralement en image de synthèse (nous sommes en 1998), et franchement : ENFIN. Evidemment, j'aimais beaucoup l'aspect maquette des précédents, d'autant que c'était de mieux en mieux fait au fil des épisodes, que la synthèse apparaissait bien sûr petit à petit, et que c'était assez efficace. Mais là pour la première fois, c'est plutôt joli, les vaisseaux ont des designs vraiment chouettes, ça bouge bien, c'est vraiment divertissant. On ne peut pas en dire autant des batailles sur la planète. Si les drones sont sympas, les cascades sont à se facepalmer. Parfois, on frise vraiment le ridicule tant c'est sur-accentué et que les explosions ne sont pas crédibles. En fait, globalement c'est plutôt sommaire, mais ça passe.

Mais cela va avec le fait que si la première parti du film était efficace, la seconde est moins convaincante. Problèmes de rythmes, péripéties inutiles dans le scripts, scènes niaises largement dispensables, perte d'intérêt une fois les mystères résolus... Bref, ça tourne un peu dans le vide à partir d'un moment, mais rien de dramatique pour autant.

Après tout, ce qui fonctionne dans Star Trek ce sont ces personnages, leurs relations, comment ils évoluent dans la joie et la bonne humeur, dans cet aspect toujours très léger. Mais il ne faut pas en abuser, et pas que les films ne reposent que là dessus. Ce n'est pas le cas de celui-ci, mais j'ai trouvé qu'il avait tendance à appuyer un peu trop sur ces aspects légers. En soi, je préfère ça à des ambitions sombres comme celles du précédent film qui finalement se cassent la gueule faute d'une maîtrise totale.

Je suis sorti de ce film de bonne humeur, sans déception, content d'avoir vu une nouvelle aventure de Star Trek : efficace, plaisante, sans prise de tête. Pas un grand film, mais un film divertissant dans un univers apprécié. Cependant, maintenant que plusieurs mois ce sont écoulés, les souvenirs ont eu tendance à s'estomper. Avoir voulu faire un film léger, c'est bien, mais au final il n'en reste pas grand chose de marquant car l'opus n'est pas non plus super original. Je suis bien surpris de constater que j'ai bien plus de souvenirs "marquants (ou du moins "intéressants") du précédent volet, quand bien même je l'avais moins apprécié du fait du manque de maîtrise que je lui reprochais. Maintenant, j'aurais plutôt tendance à mettre les deux films au même niveau de qualité.

Star Trek Insurrection m'a toujours donné l'impression d'être un film au budget minimaliste, ce qui excusait un manque d'ambition visuelle sur la planète, un développement léger, une mise en scène peu inspirée par moment. Mais au contraire, c'était à l'époque l'opus ayant coûté le plus cher dans l'histoire de la saga. Alors certes, à mon avis la plupart des sous sont partis dans les FX spatiaux, mais je ne peux que leur reprocher un manque d'ambition général. La saga "Next Generation", bien que développant des idées toujours intéressantes, de bons petits pitchs de films sympathiques, semble un peu se reposer sur ses lauriers et ne pas assez oser. J'ai conscience de n'être peut-être pas juste. En effet, vu que j'ai découvert la série avec les films, j'ai peut-être été plus gentil dans mon ressenti avec les premiers du fait de la découverte de l'univers. Maintenant que je l'appréhende mieux, j'en attends un peu plus, et peut-être que j'aurais moins apprécié des épisodes comme "A la Recherche de Spock".

Quoiqu'il en soit, dans les séries à rallonge il est difficile d'être innovants d'un épisode à l'autre. Et on le sent également dans la saga James Bond par exemple, qui a des opus très inégaux.

Star Trek IX est donc " just another Star Trek Aventure ", mais remplit son contrat comme il se doit. Imparfait, pas très ambitieux, mais offre un visionnage agréable dont on ressort satisfait si on n'a pas de trop hautes exigences. Un peu de bonne humeur ne fait pas de mal, parfois.

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