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Hellraiser 6 : Hellseeker

Film de Rick Bota Épouvante-Horreur et thriller 1 h 26 min 2002

Kirsty Cotten a grandi et est maintenant mariée à Trevor Gooden. Le couple subit un grave accident de la route et Trevor se retrouve dans un univers étrange.

Saga commencée en 1988, Pinhead et sa bande de cénobites sont de retour pour un sixième volet intitulé Hellraiser : Hellseeker (chercheur d’enfer). Depuis le début de cette saga, on a eu de tout : du cauchemar insoutenable et claustrophobique, de l’horreur bien répugnante, des monstres terrifiants et d’autres un peu grotesques, un boogeyman passant du statut de démon dangereux à poète pessimiste, bref, Hellraiser a très vite perdu en qualité. D’épisodes en épisodes, le spectateur était assis entre deux chaises passant d’un film d’horreur éprouvant à un film d’horreur classique et plus récemment, abandonnant son identité au profil d’un nouveau genre : le thriller. En soit, l’idée de changer de genre n’était pas mauvais, le scénario bien plus captivant que tous les premiers épisodes réunis, mais ce film dénaturait cette saga qui s’essoufflait déjà. C’est alors qu’en 2002 est sorti ce sixième épisode marquant le retour du personnage de Kirsty, survivante des deux premiers opus qui était même allée côtoyer les cénobites dans leur monde. La jeune femme a bien grandie et c’est même marié. Doit-on en conclure qu’avec le retour de ce personnage, ce nouvel épisode marquera par un retour aux sources ?

Enfin un épisode digne d’intérêt

Cinq épisodes plus tard, je commençais à me demander si je n’allais pas lâcher cette saga (on devrait me décerner un prix tiens), sympathique, soignée esthétiquement, mais dérangeante au départ et navrante par la suite. L’épisode 5 n’était en soit pas si mauvais et avait de bonnes intentions en décidant de changer de genre, abandonnant plus ou moins son coté gore et sadique pour un polar psychologique mettant en scène un antihéros. Problème, l’interprète du personnage était tellement inexpressif qu’on avait du mal à rentrer dans le film. Seule la fin redonnait de l’intérêt à ce film. Dans ce sixième opus, un nouvel acteur campe le rôle principal : Trevor, joué par Dean Winters (de la série Sarah Connor Chornicles). Enfin un acteur expressif, juste, imprégné par son rôle permettant même de provoquer de l’empathie chez le spectateur attristé par ce que vit le personnage (tout du moins dans les premières minutes), ce qui permet déjà de donner de l’avantage à cette suite. De plus, le fait de revoir une tête connue de la saga : Kirsty, personnage particulièrement appréciable, rajoute un autre point positif supplémentaire au film. Malheureusement le retour de ce personnage fait plus office de clin d’œil puisque la jeune femme fera quelques apparitions dans certaines scènes mais ne tiendra pas forcément un rôle important dans notre film. On pourrait presque dire qu’elle n’apporte pas vraiment d’intérêt donnant droit du coup à un premier mauvais point pour ce sixième Hellraiser. Un nouveau bon point cette fois du coté du scénario et de l’ambiance. Comme pour le film précédent, nous sommes face à un nouvel épisode axé sur le thriller psychologique, horrifique avec une grosse touche de mystère entourant notre personnage principal, rendant enfin cet épisode intéressant.

En plus de focaliser notre histoire sur la psychologie de cet homme qui a perdu l’amour de sa vie, on se focalise aussi sur l’enquête policière et disparition du personnage de Kirsty. En même temps, on navigue entre notre héros qui essaye de retrouver un semblant de vie et ses hallucinations. Notre héros n’arrivera plus à distinguer ses fantasmes, ses peurs et la réalité. Tout cela aura pour but de tromper le spectateur et le rendre aussi confus que son personnage principal.

Méli-mélo scénaristique mais histoire captivante

Hellraiser 6 est un film décomposé. Tout comme notre personnage principal, nous n’arrivons pas à discerner le vrai du faux, le réel de l’irréel. Trevor qui était au départ un homme bon, commence peu à peu à montrer une facette différente et bien plus sombre sans pour autant rendre le personnage détestable. Alors on suit le film jusqu’à la fin, en espérant avoir une révélation à la hauteur de ce que l’on espérait. Finalement, on est très peu déçu du voyage et même si le trop plein de scènes érotiques agace plus qu’autre chose (elles sont néanmoins importantes dans notre histoire), la fin, elle, est aussi surprenante et bien conçue que ne l’avait été le cinquième Hellraiser. Il était temps ! L’horreur terrifiante et répugnante (encore de la peau tirée par des crochets et un petit trifouillage détaillé de cerveau en prime, MIAM !) est de retour même si elle ne sera pas omniprésente. Une autre chose qui plaira aux fans, le personnage de Kirsty permet d’établir de nouveau un lien entre les films. Car oui, depuis l’épisode 4, on a quelque peu quitté l’intrigue principale pour repartir sur tout autre chose. Ici, on pourrait presque dire que ce Hellraiser 6 est la suite directe du deuxième.

Cauchemars éveillé, hallucinations, flash-back exacts ou erronés, tout cela, dû à l’accident de voiture, notre personnage principal vivra un véritable enfer amenant le spectateur à se poser des tonnes de questions. Film d’excellente qualité ? Excellent est un bien grand mot, le film n’étant pas exempt de défauts. Ainsi on se retrouve avec quelques petits éléments indésirables qui agaceront quelque peu comme le trop plein de scènes érotiques. Trevor, qui travaille en tant que comptable dans une boite d’assurance est l’esclave sexuel de sa patronne très…autoritaire. Rajoutons en plus sa voisine d’appartement qui lui fait du gringue et on aurait presque la sensation que notre Trevor est un coureur de jupons refoulé .Aaaaah les hommes ! Avec ses quelques et brèves séquences, le personnage principal perd son petit coté bon et pur qu’il dégageait dès le début du film.

Pinhead, ce démon qu’on voyait trop peu

On se plaignait déjà pas mal de la presque figuration de Pinhead depuis Hellraiser 5, ce n’est guère mieux dans ce sixième opus. Comptez un temps de présence d’une petite dizaine de minutes. C’est très mince, encore plus que les films précédents. Ca va être quoi pour la suite ? Un petit coucou et on repart comme un voleur? C’est qu’il serait presque mal éduqué notre démon à tête cloutée. Au moins, on ne se plaindra pas du fait que le démon regagne du charisme et retrouve son ancienne nature. Elément comique jouant presque sur l’autodérision du personnage : Trevor faisant face au démon lors d’une séance d’acuponcture (oui, ils ont osés mais c’est trop drôle). Les menaces et négociations vis-à-vis des humains sont de retour, tout comme sa passion pour faire souffrir, mais malheureusement, c’est trop mince. Même du coté des cénobites, aux apparences proches des deux premiers opus, c’est la déception puisqu’eux aussi font une apparition furtive. Leur monde quant à lui, n’existe même plus. Espérons que cette grossière erreur ne se répète pas dans le prochain film. Auquel cas, autant changer son titre.

Au final, Hellraiser 6 voit son intrigue encore plus intéressante que l’épisode 5. On retrouve avec grand plaisir le personnage de Kirsty et le sympathique et charismatique Trevor qui officie en tant que personnage principal, on apprécie l’ambiance sombre et digne d’un thriller, on continue à adopter un ton très psychologique. Le coté sadique, hormis la scène de fin n’est plus présent et même le coté malsain semble avoir disparu. Hellraiser 6 est loin d’être parfait avec ces effets spéciaux moyens et sa musique érotico rock, mais au moins du coté histoire et jeu d’acteurs, on est servi. Pourvu que ça dur !

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