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Conquest

Film de Reinout Oerlemans Drame et historique 1 h 48 min 24 novembre 2011

Avec Robert de Hoog, Derek de Lint, Victor Reinier

L'histoire s'inspire du troisième voyage de Willem Barentsz et de Jacob van Heemskerk (1596-1597) à la Nouvelle-Zemble. Alors que l'explorateur néerlandais cherchait un passage vers l'Asie en empruntant la route du nord-est à travers l'océan Arctique, l'équipage, pris dans les glaces, dut hiverner...

Mais qu’est-ce qui peut bien me pousser à vous écrire quelques lignes sur un (télé ?) film hollandais de 2011 qui n’avait été noté qu’une fois sur SC au moment ou je le voyais ?

En fait, deux choses. La première, c’est que le film vient de sortir en DVD et Bluray 3D sous le titre de «Conquest» (ou « Conquest 3D », brrr !), ce qui lui a permis d’attirer de ma part une attention d’abord distraite. La deuxième, c’est qu’il traite d’un sujet qui me passionne. Mieux, ce film met en image un livre que j’ai lu, comme cette liste d’esthète en atteste: http://www.senscritique.com/liste/A_la_conquete_des_poles/30870

Ce livre, c’est «Prisonnier des glaces», de Gerrit de Veer, écrit après les expéditions de 1594 à 1597, alors que les européens cherchaient un passage pour les Indes et la chine, soit par le nord-ouest soit, comme ici, par le nord-est, les mers du sud étant surchargées de navires espagnols et anglais agressifs. Le voyage relaté est celui où William Barentsz perdra la vie (oui oui, celui-là même qui laissera son nom à la mer nordique du même nom), ouvrant la voie à une série d’expédition qui permettront la découverte exhaustive de la zone la plus hostile du monde (avec son cousin-continent du sud), à une époque ou la cartographie des régions polaires ressemblaient à ce qu’une patron de PME quinquagénaire connaît de l’univers d’Harmony Korine ou Greg Araki. (oui, je sais, c’est mal de faire ce genre de généralité).

- Changer son fusil des pôles-

Du coup, que vaut cette adaptation ne bénéficiant pas des moyens d’une superproduction hollywoodienne ? Il n’évite pas certains écueils propre à ce genre d’entreprise. Toutes les séquences liées à l’amour (les rêves, les souvenirs) de Gerrit sont inutiles et plutôt mal branlées (si je puis me permettre) malgré la plastique agréable de Doutzen Kroes, avec ses faux airs de Denise Richard. De même, deux trois scènes sont totalement ensevelies sous une chape de ralentis inutiles, mixée avec une musique grandiloquente ridicule, mâtinée de chants célestes, écœurants comme une énorme meringue mal cuite.

Mais ces moments sont assez rares, et pour le reste, la voyage vaut le détour. Les conditions de navigations sont plutôt bien rendues, les rapports entre les hommes crédibles, et les péripéties fidèles au récit historique (juste marrant de voir que le nombre de massacre d’ours blanc a été considérablement amoindri, sans doute pour rendre ces aventuriers plus aimables, même si souvent ils ne faisaient que se défendre), et tout ceci fait la force et la faiblesse du film. Les amateurs de sensations exacerbées à base de héros qui voltigent seront déçus, et seuls les amateurs de crédibilité pas échaudés par quelques scènes maladroites pourront goûter aux plaisirs, réels, du métrage.

A regarder dans un congélateur, tout nu avec son habituel slip en glaçon.

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