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N'oublie pas ton père au vestiaire...

Film de Richard Balducci Drame 1 h 43 min 2 juin 1982

Avec Jean Lefebvre, Manuel Gelin, Eric Adjani

Chez les Chevrier, le conflit des générations bat son plein. Antoine, le père, possède un magasin de disques et mène une carrière de flûtiste dans un grand orchestre. Il n'admet pas le goût de son fils Philippe pour la moto, la musique afro-cubaine ou les sorties nocturnes. Lorsque Philippe est...

Et si on parlait un peu de Richard Balducci?D'accord,d'un point de vue cinéphilique,ça ne parait pas indispensable,mais cinéphagiquement parlant ça peut se défendre.L'homme,décédé en 2015,s'est fait connaître en tant que journaliste,écrivant notamment des critiques de spectacles,ce qui lui valut d'être agressé physiquement par un comédien mécontent d'un de ses articles.Il fit ensuite l'acteur pour Godard dans "A bout de souffle" et eut l'idée de l'histoire du "Gendarme de Saint-Tropez",ce qui reste son haut-fait cinématographique.Puis,des années 60 aux années 80,il devint réalisateur spécialisé dans le comique bas de gamme.A ce titre,il fit tourner la plupart des poids lourds de la catégorie,les Jean Lefebvre,Paul Préboist,Henri Genès,Michel Leeb,Michel Galabru,Henri Guybet,Darry Cowl et bien d'autres.Mais aussi,plus curieusement,Bernadette Lafont,Jane Birkin,Serge Gainsbourg,Maurice Ronet,et même Pierre Desproges et les Forbans!"N'oublie pas ton père au vestiaire",les titres à rallonge du comique bis sont décidément délicieux,appartient à la très prolifique période eighties de Balducci,qui le vit tourner sept films entre 81 et 86,dont trois en deux ans avec Jean Lefebvre.Ca se passe à Aix-en-Provence,car le cinéaste prenait souvent cette région pour cadre,en raison de ses origines sudistes probablement mais surtout parce que c'est toujours plus agréable de travailler au soleil.Nous suivons donc l'embrouille entre monsieur Chevrier,disquaire le jour et flûtiste dans un orchestre classique le soir,et son fils de 18 ans qui vient de rater son bac.C'est l'engueulade de trop et le jeune homme,excédé,quitte le domicile parental.A partir de là,nous assistons aux différentes étapes de l'émancipation du gamin qui va successivement trouver un logement,un boulot,une gonzesse et une moto,entrecoupées de scènes montrant les parents bien embêtés par ce départ,entre un père qui s'inquiète mais refuse de le montrer et une mère compréhensive qui tente d'arranger les choses.C'est donc un film sur le thème porteur du conflit des générations,et la morale en est lapidaire et démagogique.En gros,les parents sont des vieux cons réacs qui feraient mieux de fermer leur gueule et de laisser leur progéniture passer la nuit dehors,sans lui casser les pieds avec des trucs aussi insignifiants que les études.L'habituel catéchisme laxiste post soixante-huitard,qui a donné les résultats dont on peut mesurer l'étendue aujourd'hui.Mais ce n'est pas le plus gênant dans ce film.Non,le plus gênant c'est que c'est un gros navet mal foutu.Balducci n'a jamais été un aigle et ici sa mise en scène plate et statique frappe encore fort.Le scénario,qu'il a co-écrit avec Jean-Claude Massoulier,ringard multicartes qui fut surtout connu comme animateur radio,est du genre poussif.Quant aux dialogues,également l'oeuvre du duo de cadors,ils sont d'un ridicule achevé,particulièrement ceux de la bande de jeunes.Il faut entendre pour le croire ces fils de bourgeois bien peignés débiter un argot puéril et poseur déjà démodé à l'époque.Cette comédie réussit l'exploit de ne pas être drôle une seule fois et aligne les gags foireux,répétés plusieurs fois au long de scènes étirées qui finissent par se clore de manière abrupte,Balducci se révélant incapable d'assurer des transitions correctes.Alors,pour donner le change,il parsème son film d'apparitions de personnages extravagants et de lieux insolites supposés relever son indigeste cuisine.Des motards sur des circuits,le repaire d'une secte,un biker tatoué,une boîte de nuit lesbienne,une vieille aristocrate piquée férue de moto,un gourou escroc,une prof saute-au-paf qui couche avec ses élèves,une patronne de boîte hommasse et autoritaire,son DJ folle tordue,une maman salope qui se tape le baby-sitter,un flic phraseur et évidemment stupide,il y a vraiment de quoi faire.Bien sûr,tout ça est tellement mal écrit,mal filmé et mal joué que ça prête à rire,mais au deuxième degré voire plus.Au milieu du désastre surnage Jean Lefebvre qui,du fait qu'il est le seul à jouer juste,parait ne pas figurer dans le même film que les autres.Il faut à son propos remarquer que sa présence en haut de l'affiche est une tromperie car son rôle est secondaire;le personnage principal étant celui de son fils,interprété par Manuel Gélin.Balducci fait feu de tout bois et slalome gaiement entre des plans nichons à profusion et du placement de produit massif,la firme Coca-Cola ayant manifestement mis la main à la poche avec générosité.Une idée marrante cependant,celle de la photo du grand-père dans son cadre,c'est aussi Jean Lefebvre,qui se met à parler.Mais ce qui fait la saveur du film,c'est son invraisemblable distribution.Il y a les vieux routiers de la comédie bis,Lefebvre,Nelly Vignon,Jacques Legras,l'acteur piégeur de "La caméra invisible",Jean-Marie Vauclin et sa tête à claques,Eddy Jabes et son surpoids,Jean-Claude Massoulier,auteur du chef-d'oeuvre,la sexy Françoise Blanchard,ex du Gérard du même nom qui chantait "Rocamadour".Il y a aussi plus surprenant.Des sponsorisés par leur famille comme Manuel Gélin,fils de Daniel,et Eric Adjani,frère d'Isabelle.L'ancêtre Denise Grey,qui nous ressert son numéro de mamie moderne et dynamique déjà rôdé dans "La boum".L'animateur télé Jean-Paul Rouland.Le chauve patibulaire Dominique Zardi,qui a fait des panouilles dans des centaines de films,souvent en compagnie de son pote Henri Attal.La porno-star Brigitte Lahaie,alors en pleine tentative de reconversion dans le cinéma "normal",qui est créditée sous le nom de Simonin qu'elle utilisait parfois.Patricia Elig,beaucoup vue à la télé dans les sitcoms AB Production,notamment "Le miel et les abeilles".Les chanteuses Sabine Paturel et Bruna Giraldi,un tube chacune au compteur,"Les bêtises" pour la première,"Y'a de l'amour dans l'air" pour la seconde.A noter que Giraldi avait énormément de talent et aurait mérité une plus brillante carrière.Et le pompon,l'apparition fugitive d'un figurant qui est devenu une star et que nous pouvons voir encore tous les soirs dans le grand film de science-fiction dont il est la vedette et qui s'intitule "Journal de 20 heures de France 2".David Pujadas donc.Si vous ne voulez pas le rater,faites bien attention,c'est le premier lycéen à se ruer sur les panneaux de résultats du bac.

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