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La Fayette

Film de Jean Dréville Biopic, drame, historique 2 h 38 min 14 février 1962

Peu après s'être marié avec la fille du duc d'Ayen, le jeune marquis de La Fayette, issu d'une ancienne famille d'Auvergne fortunée, décide de quitter l'armée royale pour aller combattre aux côtés des insurgents américains, malgré l'opposition de sa famille.

Je suis content d'avoir revu cette reconstitution historique sur l'Indépendance américaine parce que ça prouve que le cinéma français à cette époque pouvait se lancer dans des sujets ambitieux et surtout coûteux. En effet, le film est traité sur le mode de la superproduction qui ne lésine pas sur les décors et costumes luxueux, sur les scènes de batailles à nombreuse figuration (reconstituées en Yougoslavie) et sur un casting international où l'on reconnait Rossana Schiaffino, Folco Lulli, Wolfgang Preiss, Edmund Purdom, Jacques Castelot, Jean-Roger Caussimon, Vittorio de Sica, Howard Saint-John en général Washington, Orson Welles en Benjamin Franklin, Jack Hawkins en général Cornwallis, Albert Rémy en Louis XVI ou Liselotte Pulver en Marie-Antoinette... il y a même Michel Galabru dans le petit rôle d'un aubergiste. Le marquis de La Fayette est incarné avec fougue par Michel Le Royer, bel acteur de théâtre qu'on verra ensuite dans de populaires feuilletons télé comme le Chevalier de Maison-Rouge ou Corsaires et flibustiers, avant d'être plus tard une voix majeure des VF de qualité (la voix de Christopher Lee alias Saroumane dans le Seigneur des Anneaux). C'est donc un de ses rares rôles au cinéma et il incarne parfaitement ce jeune marquis séduit par la cause des "insurgents" qui se rebellaient contre le joug anglais dans les colonies américaines, devenant le Français le plus américanophile. J'ai eu l'occasion de visiter il y a quelques années son château natal en Auvergne, Chavaniac-Lafayette, qui est devenu territoire américain. Le film ne s'attarde pas sur un portrait psychologique du noble marquis, le réalisateur s'est contenté d'illustrer un beau livre d'images façon Epinal, ne retenant de la longue vie du héros que la page glorieuse et exaltante sur son intervention américaine dans cette guerre d'Indépendance. Par rapport à Sacha Guitry qui était le seul à l'époque à réaliser de telles fresques, c'est moins insolent et moins brillant, la démarche est plus dans l'académisme d'un Alain Decaux télévisuel, mais en habile technicien, Jean Dréville réussit à alterner intrigues de cour et batailles spectaculaires à la manière hollywoodienne ; ce qui étonne, c'est que les Américains auraient pu avec des moyens similaires réaliser une production de ce calibre sur le petit marquis qu'ils considèrent à juste titre comme un héros, mais ce sont les Français qui l'ont fait, sur 2h40 et tourné en 70 mm, avec à peine quelques longueurs, mais avec sincérité et un beau travail de mise en scène, tout en n'évitant pas quelques erreurs historiques. Il faut donc saluer ce grand spectacle réussi et assez peu connu.

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