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Capitaine Thomas Sankara

Documentaire de Christophe Cupelin Biopic 1 h 30 min 25 novembre 2015

Capitaine Thomas Sankara dévoile le destin unique du président du Burkina Faso, de son élection en 1983 à son assassinat en 1987. Révolutionnaire, féministe et écologiste, Thomas Sankara a transformé l’un des pays les plus pauvres du monde en défendant la voix des exclus jusqu’à la tribune de...

Et à toi qui me lis, allez voir ce documentaire.

Je suis une électrice depuis de nombreuses années, mais une électrice sans passion, sans voix, qui in fine, n'est qu'un numéro sur un registre électoral. Je n'ai jamais eu le sentiment jusqu'à présent de faire évoluer les choses avec mon petit bout de papier de vote secret (comprendra celui qui aura vu le documentaire). Il y a quelques années, j'en ai même été réduite à choisir un candidat uniquement pour empêcher un autre de passer. Et régulièrement, je n'ai pas honte de le dire, je vote "blanc". Un vote symbolique qui n'est toujours pas pris en compte par ces hommes et ces femmes qui aspirent à diriger notre pays. Un vote contestataire muet. Un coup d'épée dans l'eau.

Ceci dit, grâce à ce documentaire, je viens d'apprendre une nouvelle façon de voter (je vous laisse le plaisir de l'apprendre en regardant le documentaire, c'est jubilatoire !). Une façon qu'aurait le peuple pour s'exprimer. Sans fard. Sans tricherie. Immédiate et sans contestation. Un vote qui donnerait à l'élu la mesure de ses responsabilités à venir. Qui lui donnerait la pleine conscience que des hommes et femmes croient en lui, et le mandent de prendre soin de son peuple.

Mais surtout, j'ai découvert l'existence d'un Homme à travers un documentaire. Cet Homme, j'ai dû en entendre parler à l'époque, mais j'étais jeune. 28 ans après son assassinat, je suis à la fois heureuse et triste. Heureuse d'apprendre qu'un tel Homme a existé, et triste de savoir qu'un Homme tel que lui avait peu de chance de survivre. L'histoire nous a démontré une fois de plus que "le changement c'est maintenant", non le changement c'est JAMAIS.

Je n'y connais rien en politique, et encore moins en géopolitique. L'Afrique est pour moi un continent lointain dont je ne me suis jamais vraiment intéressée, et à distance. M'enfin, c'est un peu la même chose pour le reste du monde.

(Capitaine) Thomas Sankara. Rien ne le destinait à devenir président de son pays, lui-même souhaitait être médecin. Mais d'une certaine façon, durant ses 4 années à la tête de son pays, il n'a eu de cesse que de soigner son pays, le huitième pays le plus pauvre du monde. Quelle tâche titanesque, et pourtant il n'a pas fui, il a endossé ce rôle sans faillir dès lors qu'il a pris le pouvoir le 4 août 1983.

Je me suis très vite attachée à ce personnage haut en couleur. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'entre lui et moi, je ne ressens aucune distance, il est comme vous et moi. Ses qualités crèvent l'écran. Thomas Sankara est avant tout humain, honnête, intègre, intelligent, drôle, engagé, avec ses faiblesses. En toute humilité, il a su reconnaître publiquement ses erreurs, reconnaître continuer à en faire. Mais qui ne fait pas d'erreur quand il veut bien faire? Parce qu'il a cette foi exaltante en son pays, il en devient parfois extrême et François Mitterrand, lors d'un dîner, ne manque pas de le lui rappeler. Force est de constater que notre ancien président, et bien d'autres dirigeants (notamment des dirigeants africains) sont piqués par cet homme simple, qui n'a nulle autre ambition que de sortir son peuple du marasme dans lequel il s'enlise, dans lequel il meurt.

Nous sommes face à un homme d'une simplicité que l'on ne peut que respecter. Ses nombreux discours sont galvanisants pour son peuple, et pour nous spectateur. Thomas Sankara est un formidable orateur. Voilà un homme qui sait parler. Mais un parlé vrai, pas un parlé de politicien non, un parlé qui dénonce, qui encourage, qui ne ment pas.

Voilà que j'en viens à rêver qu'un jour, un homme ou une femme montre les mêmes qualités que celles de ce président, ait la même quête de faire tomber toute cette corruption qui nous entoure, car c'est bien contre la corruption (qui est le cancer de toute nation) que s'est dressé Thomas Sankara. Il rêvait d'affranchissement, d'émancipation ...

C'était un révolutionnaire dont le seul but était de faire sortir son peuple de l'impérialisme qui l'asphyxiait en refusant les aides extérieures avilissantes, en prônant l'autosuffisance. Il voulait scolariser les enfants, améliorer l'agriculture, changer le statut des femmes. C'était sans compter se heurter violemment à un pays ancré dans ses traditions. C'était courageux et exemplaire.

Mais comme tout homme qui se respecte, c'était un homme qui dérangeait. Il suffit de voir son discours sur la dette des pays africains [Sommet OUA, Addis Abeba du 29 Juillet 1987]. Trois mois avant son meurtre (ce discours a probablement signé son arrêt de mort), il clamait haut et fort qu'il refusait de payer la dette. Mais il l'a fait de manière forte intelligente, sans toutefois se départir de son humour (vital quand on sait contre quoi il se battait). Je vous invite à l'écouter, et vous verrez qu'à 10:50, malgré la gravité de ses propos, il réussi néanmoins à faire rire ces dirigeants qui l'applaudissent. Ou encore son discours aux Nations Unies [4 octobre 1984] au cours duquel on découvrait un jeune capitaine de 34 ans capable d'asséner des vérités devant les grands de ce monde avec un aplomb sans faille, porté par un réquisitoire contre ces puissances. Incroyable.

Thomas Sankara était un homme bon et digne, un homme visionnaire qui fut un symbole de lutte et d'espoir pour toute l'Afrique.

Thomas Isidore Noël Sankara, né le 21 décembre 1949 en Haute-Volta (nom issu de la colonisation).

Président Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987 au Burkina Faso (Pays des hommes intègres) (ex Haute-Volta).

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