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Vaiana, la légende du bout du monde

Long-métrage d'animation de John Musker et Ron Clements Aventure et comédie 1 h 47 min 23 novembre 2016

Avec Dwayne Johnson, Auli'i Cravalho, Rachel House

C’est depuis les îles océaniennes du Pacifique Sud que la jeune Moana, en navigatrice émérite, décide d’entamer ses recherches pour retrouver une île aussi mystérieuse que fabuleuse. Au cours de cette traversée au long cours, elle va faire équipe avec son idole, le légendaire demi-dieu Maui, qui...

Chaque nouveau film d'animation Disney, c'est un peu comme un cadeau de Noël. Une fois qu'il a été annoncé, on n'a qu'une envie, c'est d'arriver au jour de sa sortie pour pouvoir enfin le déballer. Et ce Vaiana, la légende du bout du monde, je l'ai attendu de pied ferme, et il avait un gros atout dans sa manche : le retour à la réalisation d'un duo que j'admire énormément, John Musker et Ron Clements, dont j'apprécie beaucoup la patte vive et colorée qu'ils donnent dans la plupart de leurs films, notamment Aladdin et Hercule, ainsi que leur maîtrise dans des domaines plus sombres (Basil, détective privé) ou plus aventureux (La planète au trésor).

Deuxième classique d'animation Disney de l'année après l'excellent Zootopie, Vaiana se démarque assez de ce dernier, puisqu'il propose un voyage initiatique et une invitation à l'aventure avec des thèmes abordés plus classiques, là où Zootopie proposait plutôt une parodie critique de notre société. Mais ce n'est pas un mal pour autant. Avec Vaiana, Disney nous invite au voyage comme peu de leurs films l'ont fait auparavant.

Car justement, l'exploration est un thème principal du film, la base du scénario y tourne autour, ainsi que la personnalité de Vaiana, jeune fille de chef tiraillée entre l'envie de servir son peuple et de l'aider tout en cherchant sa vraie valeur, ainsi que celle de découvrir ce qu'il y a au-delà de l'horizon, ce qui va d'ailleurs la pousser à combiner les deux : partir en quête d'une nouvelle terre pour sauver son peuple. Car une grande menace se répand chaque jour de plus en plus et Vaiana va devoir partir à la recherche du demi-dieu Maui et d'aller avec lui restituer le cœur de la déesse Te Fiti afin de stopper la menace.

Pour ce film, John Musker et Ron Clements proposent un univers solide, qui propose une belle exploitation des mythes polynésiens, à la fois en guise de détournement mais aussi d'hommage, la culture polynésienne y est bel et bien mise en valeur. Le demi-dieu Maui est effectivement un héros de la culture polynésienne, et les deux réalisateurs retranscrivent ses célèbres exploits (il hisse des îles, il attrape le soleil pour l'empêcher d'aller trop vite) tout en lui donnant un côté show-man et vantard étant fier d'être l'idole des hommes très drôle.

D'ailleurs, la boîte aux grandes oreilles nous propose de suivre l'aventure menée par deux personnages que tout oppose et qui se retrouvent obligé de collaborer mais qui vont finir par se rendre compte qu'ils ont beaucoup en commun, ce qui n'est pas sans rappeler beaucoup d'autres duo de la boîte, notamment Judy et Nick dans Zootopie. Il n'en reste pas moins que ça fait toujours son effet car les deux personnages sont mémorables chacun à sa façon. Vaiana est une fille de caractère qui joue dans un registre différent de celui des princesses Disney (elle affirme elle-même à Maui qu'elle n'est pas une princesse mais une chef de tribu), qui ne se retrouve jamais mêlée à une intrigue amoureuse, tandis que Maui est un show-man qui met inévitablement le sourire aux lèvres malgré sa prétention.

Côté personnages secondaires, on retiendra particulièrement la grand-mère Tala, qui agit un peu en guise de voix de la sagesse pour Vaiana, qui est plus sensée qu'elle ne le fait croire de prime abord, et qui est clairement la cause du lancement de Vaiana dans sa quête. Le film propose quand même une petite galerie de personnages créatifs tels le crabe Tamatoa, tout aussi show-man que Maui et livrant un numéro musical sacrément drôle (dont le final n'est pas sans rappeler l'éclatement des pouvoirs de Facilier lors de sa séquence musicale dans La princesse et la grenouille) et les Kakamoras, petits guerriers avec des armures en noix de coco.

Le film n'oublie pas non plus les traditionnels sidekicks présents afin d'égayer l'aventure. Le coq Hei-Hei, volaille d'une remarquable stupidité, fera lâcher quelques rires nerveux chez certains et pourra énerver profondément d'autres. On retiendra surtout le mini Maui, tatouage vivant, qui permet aux réalisateurs de proposer un humour plutôt créatif et des possibilités non négligeables. Par ailleurs, l'humour est globalement de bonne facture, même si, difficile de le nier, certains gags tombent à plat. Il y a un côté second degré qui fait souvent son effet, et qui aurait pu gêner mais ça correspond bien à la patte de John Musker et Ron Clements comme on a pu le voir dans Hercule par exemple.

Vaiana, la légende du bout du monde est également un bon retour aux sources pour les Disney musicaux, qui assument pleinement leur statut de comédie musicale (comme on peut le voir dès les premières minutes), dans la veine de La reine des neiges en 2013. Et question chansons, effectivement nous sommes servis, heureusement elles sont toutes d'excellente facture, entre l'entêtante How Far I'll Go, l'euphorisante You're Welcome ou encore l'impressionnante We Know the Way.

Le voyage proposé par Vaiana est ponctué de passages épiques qui font leur effet. L'attaque des Kakamoras est trépidante et rythmée (et visiblement pas mal inspirée de Mad Max Fury Road), la virée au royaume des monstres permet aux réalisateurs de lâcher leur créativité, tandis que les attaques de la sorcière de lave sont spectaculaires, quoique moins nombreuses que je l'espérais. Par ailleurs, la méchante n'a finalement en soi pas vraiment une écriture impressionnante (ce qui est dommage, surtout comparé aux autres méchants du duo), heureusement qu'il lui reste son côté imposant.

Le travail sur l'animation est sensationnel et même si d'autres films d'animation de chez Disney avaient placé la barre très haute à ce sujet, il faut quand même avouer que Vaiana flatte constamment la rétine et accentue le spectacle qui nous est offert. Non seulement le rendu visuel est impeccable mais il faut surtout noter le travail sur l'eau, qui accentue l'idée que l'océan est bel et bien un personnage à part entière. Le premier "échange de regard" entre le bébé Vaiana et la vague me rappelle assez celui entre le bébé Tarzan et Kala. J'admire également le travail sur l'animation en 2D, notamment dans la gestion du mini Maui, par le génial et trop méconnu Eric Goldberg.

Vaiana sent bon le vent de nostalgie dans la majorité de ses scènes. Outre le fait qu'il revienne à une thématique plus "classique" que Zootopie, les nostalgiques pourront s'amuser à assimiler quelques scènes du film à d'autres films Disney. Ainsi, la succession de transformations de Maui pourra évoquer Aladdin, les attaques de la sorcière de lave font penser à la séquence de l'oiseau de feu dans Fantasia 2000, l'héroïne qui communique avec un élément de la nature rappelle Pocahontas... Tant de petits détails qui donnent un côté hommage au film de par son côté retour aux sources.

Disney conclue avec beauté l'année 2016 en proposant un film d'animation enchanteur, digne des plus grandes œuvres de la boîte. Vaiana est un petit bijou riche en émotion, en créativité, en humour, et confirme que la filiale animation du studio n'a pas fini de nous émerveiller et de laisser un sourire sur les lèvres du public. John Musker et Ron Clements confirment qu'ils sont définitivement des valeurs sûres pour le studio.

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