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Le Retour des anges de l'enfer

Film de Richard Rush Policier, drame et thriller 1 h 35 min juin 1967

Avec Adam Roarke, Jack Nicholson, Sabrina Scharf

Dans une banlieue de San Fransisco, un jeune pompiste est mis a la porte, et est admis au sein de la bande des "Angges de l'enfer". Plus tard, il est attaque par deux marins. Ses nouveaux amis les retrouvent, et le chef tue l'un d'eux. Lorsque le sherif vient les interroger, ils fournissent tous...

Oui, le film a vieilli. Si vous cherchiez à lire un avis sur le film pour le savoir, la réponse est évidente. Mais il y a bien plus de vieilleries dans les Hells Angels de Richard Rush que cela ne le laisse croire.

Le réalisateur n’a jamais vraiment décollé & c’est cet opus qui lui a valu le plus de reconnaissance ; bien peu de choses, puisque Jack Nicholson était encore à une paire d’années de sa propre révélation. D’ailleurs, rien ne l’y prédestine ici, parce qu’en fait de jouer un rôle, son job d’acteur consiste à créer le lien entre le spectateur & les délires quotidiens des Hells Angels, non seulement grossièrement résumés à la boisson, le plaisir de la chair & la moto – ce qui n’est pas vraiment faux –, mais avec une insistance presque ridicule.

Le but était de faire jouer les motards, mais pas trop, histoire que l’Américain moyen trouve son frisson dans la violence dite ”authentique” des brutes emboucannées, créant des personnages qui sont tout juste bons, même à l’époque, à tirer des ”ouh la la” des spectateurs les plus indulgents.

Ce n’est la faute de personne si même ce frisson-là s’est perdu, mais Rush croyait dur comme fer en ses propres codes, même erronés. La mise au point est hasardeuse, l’improvisation incontrôlée, les scènes les plus impressionnantes sont souvent créées par des effets de montage nuls ou un cadrage fantaisiste qui gâche tout, quand le montage en général (aussi bien visuel que sonore) n’est pas purement raté.

L’histoire cherche son contrepied avec quelques images intéressantes mais ostensibles, comme la croix catholique qui rencontre la croix gammée des Angels ou la cloche d’église frappée avec une clé (l’outil), comme si c’était tout ce que le tournage pouvait se permettre comme motifs sans déranger les vrais Hells Angels servant de figurants, ou leur président Sonny Barger qui était consultant technique.

Le film est imprégné de cette complicité bâclée entre le cinéaste & le motard, d’où je maintiens qu’une sorte de peur de l’un pour l’autre sourdre. À croire que le côté ”rigolo” imposé par une ou deux scènes mal placées & l’ensemble des (mauvais) bruitages sert à pallier ce malaise – vainement bien sûr. Vieilli oui, mais navet quand même.

→ Quantième Art

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